Par Nathalie Schuck

Tous les sondages répètent que les Français ne veulent pas du match retour Hollande-Sarkozy… et pourtant ils sont tous les deux persuadés qu'ils seront à nouveau face à face en 2017.

C'est de la méthode Coué pour candidats désespérés. Mais ils ont quand même quelques bonnes raisons d'y croire. Prenez Nicolas Sarkozy, pour lui la lumière s'appelle... Donald Trump. L'ancien président regarde ce qui se passe Outre-Atlantique et il en tire la conclusion que la primaire en France se gagnera à droite toute. Comme il dit, « la primaire va toujours au plus sectaire ». Exit donc « pépé Juppé » - c'est comme ça qu'il l'appelle -, trop mou, trop centriste. Et quand on lui dit que les électeurs de gauche vont voter en novembre pour Juppé, il se marre !

Un de ses proches me disait : « Vous croyez que les bobos, au lieu d'aller bruncher, vont se taper la queue deux heures avec des militants de droite qui veulent pendre Hollande avec les tripes de Taubira ? Jamais ! » Même la percée de Bruno Le Maire ne les effraie pas. Comme dit un sarkozyste : « Il donne à peu près aussi envie qu'un colin froid sans mayonnaise... »

Et concernant l'éventuel renvoi de Sarkozy en correctionnelle , les « Sarko boys » défient carrément les juges : chiche ! « Le tribunal deviendra une tribune. Il en fera un tremplin » , c'est ce qu'ils disent. Quant aux sondages, calamiteux, les sarkozystes préfèrent parler de ses audiences et du succès du livre « La France pour la vie ». L'un d'eux dit ainsi : « Je préfère un livre vendu à 180,000 exemplaires qu'un sondage gratuit sur 1500 personnes ». Pas totalement faux...

Pour Hollande, c'est plus compliqué, même ses fidèles commencent à douter. L'un d'eux me glissait hier : « C'est comme en aéronautique, on ne sait pas si l'avion a décroché, auquel cas il faut choisir une zone de crash pour faire le moins de victimes possibles, ou alors s'il est en train de retrouver de la portance ». On a connu plus optimiste...

Non, le truc qui rassure les amis du président, c'est qu'il n'y a pas beaucoup mieux en magasin. Macron ? Trop frais. Valls ? Trop à droite. Aubry ? Trop âgée. Montebourg ? Débranché. Bref, pour Hollande comme Sarkozy, tout l'espoir repose sur cette petite phrase : « quand je me regarde je m'inquiète, quand je me compare je me rassure ».

Et Marine Le Pen, dans tout ça ? Ils parient tous les deux que les électeurs seront pris d'une sacrée trouille le jour du vote et qu'ils n'oseront pas la qualifier au second tour !

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