Le choix d’Edouard Martin, futur ex syndicaliste CFDT de Florange, d’être candidat aux européennes : un joli coup du PS.

baptême du feu politique amer pour edouard martin
baptême du feu politique amer pour edouard martin © reuters

L’histoire qu’on nous raconte est jolie comme un conte de Noël. Il était une fois un syndicaliste qui s’était battu avec acharnement contre Nicolas Sarkozy puis François Hollande pour le maintien des emplois à Florange. Souvenez-vous de sa harangue en septembre 2012 contre le président de la République:

Un an plus tard, le même est devenu doux comme un agneau. Il ne veut plus le malheur de Hollande, il le remercie de sa mobilisation, critique Nicolas Sarkozy au passage et veut continuer le combat à Strasbourg et Bruxelles !

Edouard Martin a beau défendre ses idées au Parlement européen c’est mal connaître le fonctionnement du Parlement européen que de croire qu’à lui seul il va infléchir la commission de Bruxelles ou qu’il pourra s’affranchir des règles de solidarité de groupe!

Le PS est passé maître dans l’art de récupérer les leaders syndicaux . Là ils se sont surpassés, notamment dans la communication. Un Journal de France 2 pour l’annonce mardi soir et un entretien dans Le Monde le lendemain pour l’expliquer. Un plan média de rêve. Mais justement ça sent trop le plan com’, la mise en scène, les éléments de langage. On se demande par exemple pourquoi Martin n’a pas réservé son annonce à ses électeurs du grand est, la région où il se présente ? Il fallait donner le maximum de résonance à cette prise de guerre pour montrer qu’un leader ouvrier choisissait le PS.

Edouard Martin va avoir du mal à convaincre ses détracteurs que sa candidature aux élections européennes n’est pas le prix de son soutien au dernier plan du gouvernement.

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un syndicaliste passe en politique. On pourrait même reprendre cette fameuse réplique de Maitre Folace, le notaire joué par Francis Blanche dans les Tontons flingueurs :"c’est curieux cette manie chez les syndicalistes de vouloir se faire élire avec l’étiquette PS !" David Assouline et Isabelle Thomas, leaders étudiants contre la loi Devaquet de 1986 sont devenus l’un sénateur de Paris, la seconde député européen. Plus récemment Bruno Julliard, leader de la contestation contre le CPE de Dominique de Villepin, est devenu adjoint au maire de Paris Bertrand Delanoë.

A chaque fois le mécanisme est le même : ils mobilisent contre une réforme de la droite, jurent la main sur le cœur qu’ils sont apolitiques, font reculer le gouvernement et quelques mois plus tard, on les retrouve sagement dans les rangs du PS. Le mécanisme est tellement rôdé qu’un leader étudiant a suivi le même chemin en contestant une réforme d’un ministre socialiste : c’est Delphine Batho. Patronne de la FIDL, le mouvement syndical lycéen, elle était à la tête des manifs contre le ministre de l’Education Lionel Jospin en 1990.Mais comme l’expliquera l’un de ses mentors par la suite, Lionel Jospin n’était pas la cible mais se trouvait dans le champ de tir. La vraie cible c’était Michel Rocard. Quelques années plus tard, Delphine Batho se retrouve député et même ministre socialiste. Le conte de Noël d’Edouard Martin n’est donc pas terminé.

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