On peut dire adieu au Fouquet’s et aux porteurs de Rollex.

Le Fouquet's emblème du bling
Le Fouquet's emblème du bling © Getty / Bertrand Rindoff Petroff

Par Nathalie Schuck

Les Français en ont marre des stars, ils préfèrent les élus un peu ternes, qui ne se la racontent pas, n’aiment pas les coups de com ni d’éclat. Des types sérieux quoi, des bosseurs, un peu vieille France, un peu désuets. Prenez François Fillon : il fait un tabac à droite (85% de cote d’amour chez les électeurs Les Républicains d’après l’Ifop). Ou Bernard Cazeneuve, qui connaît un mini-état de grâce depuis son arrivée à Matignon (il a quand même détrôné Alain Juppé comme politique préféré des Français selon l’Ifop).

Il m’avait dit un jour : « En politique, la majorité des gens se la pètent ».

Pas lui, son seul luxe c’est sa collection de chapeaux. Prenez Bernard Accoyer, nouveau patron des Républicains, ou l’écolo Yannick Jadot, qui a pulvérisé la star Cécile Duflot. Je vous dis, c'est la revanche des Droopys !

Un de leurs points communs, c’est qu’ils ne sont pas accros à la politique, ce sont des bons soldats, ils ont autre chose que la politique dans la vie. Bernard Cazeneuve, par exemple, envisageait de tout plaquer après 2017 pour reprendre son métier d’avocat. Comme il dit souvent : « Je ne suis pas là pour ma pomme, je ne suis pas accroché à mon poste comme l’arapède au rocher » (une bernique, si vous préférez).

Je l’avais vu longuement après la mort du jeune militant écologiste, Rémi Fraisse, le pire moment sans doute de sa vie politique : il avait réfléchi à démissionner du ministère de l’Intérieur. Il m’avait confié : « S’il y avait eu un problème, je serais parti de moi-même, on n’aurait pas eu besoin de me demander ma démission. C’est mon code de l’honneur ».

François Fillon, lui, il n’est pas prêt de tout plaquer, il vise l’Elysée, mais il y a déjà pensé. C’était juste après la présidentielle de 2012. A l’époque, le futur champion de la droite confiait en OFF : « Si Nicolas Sarkozy avait été réélu, ma vie aurait été bien plus simple. J’aurais arrêté la politique, fait des conférences aux quatre coins du monde et retapé la toiture de ma maison dans la Sarthe ».

Et s’il avait perdu la primaire, il aurait tout arrêté. Bref, tout ça pour dire que les Français en ont soupé des élus accrochés à leur fauteuil, marre des professionnels de la politique et des champions de la com. Manuel Valls, à gauche, devrait en prendre de la graine et se méfier d’un Benoît Hamon. Et Emmanuel Macron, lui, éviter les couvertures de Paris-Match à répétition.

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