Par Jannick Alimi.

Pendant la présidentielle et les législatives, la France a vécu dans un climat de fièvre politique d’une rare intensité. Aujourd’hui, le soufflet semble retombé.

Alors, le débat politique a déserté la scène ?

Les grands partis qui sont les chevilles ouvrières du débat politique ont implosé. Les think tank, qui depuis deux décennies les alimentaient intellectuellement sont, du coup, discrédités. Les syndicats sont désunis. Et surtout, l’Assemblée nationale, qui est l’arène naturelle de toute démocratie représentative, n’est plus un lieu de débat. Parce qu’il y a une majorité présidentielle hégémonique. Parce que les effets de manche du tribun Mélenchon ne brassent, pour le moment, que du vent. Parce que le FN n’a pas de groupe et que les socialistes et Les Républicains sont en guerre civile. « A L’Assemblée nationale, on ne fait plus de politique, me confiait un ancien président de la République. Il y a quelques années, on pouvait être chef de parti et député. Aujourd’hui, l’emploi du temps des élus est trop chargé pour cumuler. J’ai connu une pérode où il y avait dans l’hémicycle Giscard d’Estaing, Marchais, Chirac et Mauroy. Je peux vous dire que l’on en faisait alors de la politique. »

Mais que font les contrepouvoirs ?

Ils travaillent parce que, pour ou contre Macron, le président les contraint tous à se remettre à la page. Les députés ont rarement eu un agenda aussi lourd. Les partis tentent tous de redéfinir une ligne cohérente ce qui demande beaucoup de temps et de matière grise. Et les syndicats, après avoir planché sur les Ordonnances Travail, se penchent sur l’indemnisation chômage, la formation professionnelle, l’apprentissage avant de s’attaquer à la Sécu et aux retraites. 

Mais alors où se niche la politique ?

Je vais vous surprendre. Le très « ancien monde » Sénat où le chef de l’Etat n’a pas de majorité, fait de la résistance et débat pied à pied de toutes les réformes touchant aux territoires. Et surtout, tous les lieux de décision comme l’Elysée ou les présidences de partis se sont entourés de quelques conseillers venus de tous horizons qui parlent technique mais surtout de politique. Après avoir été celle des ducs puis des notables, notre République est peut- être en train de se transformer en République des « cénacles. »

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