On en parlé tout le week-end : les attaques de Laurent Wauquiez devant des étudiants à Lyon. Sarkozy mettait ses ministres sur écoute, Macron a organisé la chute de Fillon, Merkel est sans charisme, les propos du patron de la droite ont choqué jusque dans son camp, mais ils témoignent de sa vraie nature.

Laurent Wauquiez
Laurent Wauquiez © AFP / FRANCOIS PAULETTO / CROWDSPARK

Par Eric Decouty.

Ces propos sans filtre - c’est le moins qu’on puisse dire - illustrent la vraie nature de Laurent Wauquiez. Nature politique s’entend. Car jusqu’ici il avait beau avoir flatté la frange droitière des Républicains, il restait pour une grande partie de son camp l’homme des changements de pieds idéologiques et des trahisons successives... Je me souviens d’un haut cadre du parti qui me confiait à l’automne : « Je ne sais toujours pas s’il est le fils de Jacques Barrot (l’ancien ministre centriste) le neveu de Patrick Buisson ou le cousin de Marion Maréchal Le Pen... » Quand un autre ajoutait : « en fait, il ne pense rien... »

Aujourd’hui si on ne sait pas ce qu’il pense on sait ce qu’il dit. Et peu importe que ses saillies aient été savamment calculées ou pas. Elles sont là, prononcées dans un espace de liberté, c’est lui qui le dit, et non pas devant des journalistes devant lesquels on ne dit que des bullshits, c’est toujours lui qui le dit. Bref à Lyon, Wauquiez l’homme libre à parlé et telle est sa vraie nature politique : brutal, cynique, complotiste. Trumpien.

Ces propos risquent-ils pas d’abîmer son image en particulier chez les Républicains ?

Ceux qui ne l’aimaient pas le détesteront davantage et ça il s’en moque. Bien sûr il aurait pu se passer des accusations contre Sarkozy. C’est d’ailleurs le seul aspect sur lequel il s’est excusé. Mais Wauquiez sait aussi que l’ancien président doit être jugé bientôt pour une histoire d’écoutes. Et même si la sortie peut heurter, elle participe à tourner la page Sarkozy. Pour le reste Laurent Wauquiez risque de gagner sur deux tableaux.

Le premier est symbolique mais important. On parle enfin de lui. Ce week-end on a même parlé que de lui. Et ça ce n’est pas bon que pour l’ego c’est bon pour le statut de premier opposant auquel il aspire.

Le deuxième est plus cynique. Non seulement Wauquiez flatte son noyau dur, cette droite identitaire qui a fait son succès, mais il s’adresse aussi et peut-être même surtout à cet électorat d’extrême droite qui n’entend plus le supposé « parler vrai » des Le Pen. Or cette partie de l’opinion qui croit que les pires bullshits sont des vérités cachées - par les politiques et surtout par les journalistes – c’est bien ça. la véritable cible de Laurent Wauquiez.

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