Le parti communiste n’a présenté aucun candidat à la dernière présidentielle, il n’a pas d’élu aux Européennes et pourtant, le PCF est toujours là !

Depuis quelques mois on le voit partout

Alors qu’il avait été très discret pendant la crise des Gilets jaunes, une colère portée plutôt par La France Insoumise, le parti de Maurice Thorez, de Georges Marchais et depuis novembre 2018, de Fabien Roussel, est de toutes les manifestations, de toutes les grèves. Comme si la lutte contre la réforme des retraites lui avait donné une seconde jeunesse, aux accents de lutte des classes chère à la formation marxiste. A l’Assemblée nationale, c’est un feu d’artifice. Bataille d’amendements, motion référendaire… Lundi dans la salle des quatre Colonnes du Palais Bourbon on a pu voir les députés communistes vêtus de T-shirts marqués chacun d’une lettre formant le mot référendum. Une façon de demander au gouvernement de faire trancher l’avenir des retraites par les électeurs. Une forme de happening à laquelle ne nous avait pas habitués le parti qui fête ses 100 ans dans quelques semaines. 

Un parti en perte de vitesse

C’est vrai qu’après avoir dirigé 300 communes de plus de 3 500 habitants en 1977, le PCF n’en gère plus que 145. Mais ces mairies, ce sont des vitrines locales que pourraient lui envier La République en Marche, La France Insoumise ou même le Rassemblement national. « Pour les prochaines municipales, confie Stéphane Peu, député de Seine Saint Denis, nous espérons aussi reconquérir certaines mairies que nous avons perdues en 2014, notamment sur la centre et la droite. » Comme, par exemple, Bobigny et Saint-Ouen dans la fameuse ceinture rouge de la banlieue parisienne.
 

Que peut viser le parti communiste ? 

Pas l’Elysée, les communistes gardent raison tout de même. En revanche, sur un échiquier en pleine recomposition, notamment à gauche, Fabien Roussel et les siens, veulent redevenir visibles et influents. Plus question de s’effacer, ni derrière un PS affaibli ni au profit d’un Jean-Luc Mélenchon derrière lequel ils s’étaient ralliés avant la présidentielle de 2017 et qui, estiment les communistes, ne leur a jamais rendu la monnaie de leur pièce. En revanche, le parti se reconnaît une utilité : servir de pont entre le PS et les écologistes d’un côté, les socialistes radicaux et une partie des Insoumis de l’autre. Meetings communs, contre-proposition commune sur les retraites…  

Fabien Roussel ne ménage pas ses efforts. Son but: susciter un candidat unique de la gauche en 2022. Un espoir, sûrement, un rêve probablement.
 

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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