Par Nathalie Schuck

On entend beaucoup de socialistes qui critiquent le gouvernement au nom des valeurs de la République ou qui réclament une primaire pour 2017. Mais derrière ces grandes déclarations, il y a beaucoup d'arrière-pensées.

C'est même le grand bal des hypocrites ! Je vais vous raconter une anecdote, qui se passe fin 2006. Ségolène Royal vient d'être investie candidate par les militants du PS. Elle croise Nicolas Sarkozy, qui lui lance : « Félicitations Mme Royal ! Mais vous savez, je suis assez tranquille, ce sont vos amis socialistes qui vont vous faire la peau ». La suite lui a donné raison. Au PS, c'est petits meurtres entre amis. Prenez la déchéance de nationalité. Qu'est-ce qu'on n'a pas entendu : ce serait une trahison, un crime contre la République, la nouvelle affaire Dreyfus ! Le souci c'est que souvent, ceux qui critiquent ont des comptes à régler avec le président. C'est le cas de Jean-Marc Ayrault, qui ne digère pas d'avoir été viré de Matignon. Ou de Anne Hidalgo, qui se verrait bien en nouvelle égérie de la gauche pour se présenter à la présidentielle de 2022 ! Je passe sur ceux qui réclament une primaire. Un proche de Hollande me disait : « Ça arrangerait Benoît Hamon et Montebourg. Si François est réélu, ils savent qu'ils sont cuits... »

manuel valls tente de redonner un cap à des socialistes déboussolés
manuel valls tente de redonner un cap à des socialistes déboussolés © reuters

Le remaniement qui approche n'arrange rien.En ce moment, c'est petites manips et jeux de billard à 27 bandes. Qui pour obtenir un ministère. Qui pour sauver le sien. Prenez Fleur Pellerin, qui a grondé Christiane Taubira en expliquant qu'elle préférerait démissionner que critiquer son camp. C'est ce qu'on appelle la tactique du fayot : elle a surtout peur que Taubira lui pique son job à la Culture ! Il y a aussi le cas des ministres qui ne demandent rien, ne veulent rien, jurent qu'ils sont très heureux là où ils sont. Par exemple Laurent Fabius, qui lorgne en fait sur la présidence du Conseil Constitutionnel. Il connaît bien son Hollande, il l'a assez pratiqué. Il sait que s'il lui demande le poste, il ne lui donnera pas ! Sans parler des députés qui rêvent de devenir ministres et font la tournée des médias sur le mode : « Dites, vous pouvez pas faire un petit papier sympa sur moi ? »

Cela ne va pas réconcilier les Français avec la politique et ça agace horriblement les fidèles du Président, qui ont l'impression qu'il est tout seul à ramer dans la cale. Un de ses amis me disait : «Voilà où ça nous a menés dix ans d'opposition, une bande d'égoïstes et d'enfants gâtés. Je te foutrais tout ça au t*** moi, déchéance de poste pour tous ! »

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