A trois jours du premier tour de la primaire de la gauche, on s'intéresse à celui qui pourrait bien être la surprise du scrutin: Benoît Hamon.

Benoît Hamon, surprise de la primaire ?
Benoît Hamon, surprise de la primaire ? © AFP / Thierry Zoccolan

Renaud Dély.

On l’annonce tellement que cela ne sera d’ailleurs plus vraiment une surprise s’il arrive à se qualifier pour le second tour. En tous cas, il s’y voit déjà, lui, Benoît Hamon. Il a le vent en poupe « Petit Ben »!

« Petit Ben », c’est ainsi que le surnommait Martine Aubry dont il fut le conseiller au ministère des Affaires Sociales. Et là ça y est, « Petit Ben » a bien grandi. Tellement grandi qu’il ne supporte plus d’ailleurs quand ses petits camarades lui rappellent ce surnom de « Petit Ben » et ne le prennent pas franchement au sérieux.

Il s’agace d’avoir été longtemps sous-estimé par certains de ses aînés. Il a un sacré caractère Benoît Hamon. « C’est son côté breton », dit un ses amis. « Il a un melon surdimensionné !» balance un supporter de Montebourg qui n’est pas mal fourni non plus.

D’ailleurs au rayon ego, entre Hamon, Montebourg, mais aussi Peillon ou Valls, le PS a de quoi faire. Ce règlement de comptes entre anciens potes, c’est la guerre des egos. Ce qui fâche l’ego de Benoît Hamon, c’est quand ses concurrents l’accusent de complaisance à l’endroit du communautarisme islamiste dans sa circonscription de Trappes, dans les Yvelines. On se souvient de sa gêne il y a quelque temps sur France 3, lorsqu’il avait mis beaucoup de temps à réagir à un reportage tourné à Sevran et à condamner ces cafés où la présence des femmes était indésirable. Quand lui pose la question, il se fâche tout rouge et balance des salves de SMS incendiaires et menaçants. Hamon ne supporte pas que l’on doute de son « engagement laïque ».

Ce qu’espère Benoît Hamon, c'est que son discours, plus ouvert sur les questions de société que celui de Manuel Valls incite des jeunes à aller voter pour lui. Et c’est ce qui explique qu’il en a fait des tonnes sur le revenu universel mais aussi sur la légalisation du cannabis face à un Manuel Valls moins porté sur la fumette.

Hamon a déjà un supporter qui rêve de le voir gagner, c’est... Emmanuel Macron ! Hé oui, chez le leader d’En Marche, on est persuadé que si Benoît Hamon, qui est aujourd’hui à 5 % d’intentions de vote à la présidentielle, gagne la primaire, c’est la marginalisation assurée du PS. Et un boulevard au centre gauche. Un des concurrents de Hamon résume : « Benoît, il a le programme des Verts. S’il est le candidat du PS à la présidentielle, il finira avec le score des Verts… »

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