La République En Marche l’a emporté aux législatives. L’opposition, de droite comme de gauche est réduite à la portion congrue et elle doit ronger son frein.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / bertrand GUAY / POOL

Par Jannick Alimi.

Mais jusqu’à quand ? Comme me le confiait un député de droite qui n’est pourtant pas « macro-compatible », « le gouvernement et Emmanuel Macron vont avoir un chèque en blanc pendant un an et demi à deux ans. Ils vont avoir face à eux une opposition laminée, éclatée, polyphonique. Autant dire aucune opposition du tout. On va devoir donc, poursuit cet élu, attendre les élections intermédiaires pour pouvoir rebondir ». Or, ces élections intermédiaires, elles n’auront lieu qu’en 2019 pour les européennes, 2020 pour les municipales et 2021 pour les départementales et les régionales. C’est long, c’est loin, mais c’est la seule ligne d’horizon pour l’opposition.

Mais rien ne garantit que les partis de l’opposition l’emporteront

Même si peux vous dire que tous les partis, à l’exception de la République En Marche, se raccrochent à cette perspective comme à un canot gonflable, lequel il est vrai pourrait bien se dégonfler. «Pendant les deux années qui viennent, m’explique un cadre du FN, le gouvernement aura le temps de réformer en profondeur mais aussi de mécontenter dans les grandes largeurs. D’où notre espoir de revenir en force d’abord aux européennes puis lors des élections locales». Chez les LR, l’analyse est similaire. « Edouard Philippe va avoir les coudées franches pour mettre en oeuvre des réformes sensibles comme celles du marché du travail ou de l’Education nationale, m’expliquait cet élu du sud de la France. Mais, même si sa majorité parlementaire le suit, l’opposition ne manquera pas de s’exprimer dans la rue. Nous, on aura eu le temps de nous reconstruire et on pourra se relancer à l’offensive dès les européennes. »

Mais, gagner toutes ces élections intermédiaires ce n’est pas la même chose qu’incarner un vrai contrepouvoir à l’Assemblée

Mais politiquement, quel signal spectaculaire ce serait si le PS, la France Insoumise, les LR, le FN raflaient la mise 2 ou 3 ans seulement après le raz de marée La République En Marche. Et puis quel camouflet pour Macron, le président qui se veut si européen, si son parti ne s’imposait pas en 2019 ! Enfin, avoir les commandes de grandes métropoles ou de grandes régions, c’est un vrai pouvoir de nos jours. D’ailleurs, la bataille pour certaines d’entre elles est déjà lancée. « En réussissant le grand chelem aux législatives à Paris, décrypte un marcheur, La République En Marche prend ses marques pour la conquête de la capitale. » D’ailleurs, Anne Hidalgo, la maire de Paris, se prépare déjà à subir l’offensive d’un certain Benjamin Griveaux. Le porte-parole d’En Marche, élu dans la 5ème circonscription de la capitale, affûte, en effet, déjà ses arguments et ses fleurets.

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