Les communicants d'Emmanuel Macron ont le blues... mais pourquoi ?

Par Jannick Alimi.

Parce que ce fut une semaine «horribilis » pour eux !

« Je suis comme un héron sur un lac glacé », me confie l’un de ces communicants. Derrière la poésie des propos, c’est tout le malaise de ceux qui doivent porter haut, fort et surtout clairement le message et la pensée du président. Or, comment justifier le « trop de pognon » distribué aux pauvres ? Comment défendre le refus de la France de laisser accoster l’Aquarius, ce bateau de 630 migrants africains ? Et comment légitimer les noms d’oiseaux qu’Emmanuel Macron et le gouvernement italien de Giuseppe Conte se sont échangés ?

C’est un peu le lot commun de tous les chargés de communication

Sauf que cette fois-ci, ces chargés de communication n’en peuvent plus. « L’exécutif explique que sa politique est mal comprise, mal expliquée et que c’est un problème de communication, s’énerve un de ces porte-paroles. Mais qu’ils balayent devant leurs portes. Y en a marre d’être pris pour des boucs émissaires ! » Ce qu’il faut comprendre, c’est que pour ces communicants, fidèles parmi les fidèles d’Emmanuel Macron, le gouvernement et l’Élysée ont purement et simplement la communication qu’ils méritent. 

Pourquoi une telle exaspération ?

Parce que cette semaine, la «comm' » du camp Macron n’a pas eu seulement à gérer des couacs ou des erreurs factuelles - du type de celle de Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères qui a considéré que la Corse était plus éloignée de l’Aquarius que les côtes espagnoles. Non, cette semaine, c’est d’un quasi déni des engagements d’Emmanuel Macron dont la communication a eu à se dépêtrer. Les cartes maîtresses du candidat Macron, la bienveillance, l’Europe et le soutien aux plus nécessiteux, retournez-les, et vous tomberez... sur le président Macron, un an après. Alors tous ces responsables de la communication présidentielle serrent les poings. En bons petits lieutenants du général en chef Macron, ils tentent, à l’égard des médias et de l’opinion publique, de  donner tant bien que mal un sens à la politique du gouvernement. Et faire croire encore et encore que le président dit ce qu’il fait et fait ce qu’il a dit. Dure besogne.

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