La crise des urgences s’intensifie. Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a dû réunir hier tous les acteurs du système de santé pour préparer la saison estivale.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé
Agnès Buzyn, ministre de la Santé © AFP / Martin Bureau

Est-ce que cette question brûlante risque de se transformer en crise politique ? 

C’est un risque qui préoccupe au plus haut niveau. Agnès Buzyn a eu beau annoncer le déblocage d’une enveloppe de 70 millions d’euros. La ministre de la Santé a eu beau préciser, hier, sur France Info que 15 millions seraient débloqués dès juillet et août. Rien n’y fait ! Le mouvement de grève s’intensifie puisqu’il concernait, hier, soir, 122 services d’urgences contre 106 avant les annonces de la ministre. La crise risque en outre de prendre une tournure humainement dramatique puisqu’hier, une personne est décédée après avoir tenté d’intégrer le CHU d’Angers.

Mais comment l’exécutif gère la situation ?

Agnès Buzyn est, bien sûr, en première ligne. Mais elle n’est pas seule. Si la ministre de la Santé a pu disposer d’une enveloppe financière de plusieurs dizaines de millions d’euros, c’est bien parce que Matignon et l’Elysée se sont saisis du dossier. Il faut dire que l’exécutif garde, comme tous les exécutifs depuis seize ans, le souvenir funeste de la canicule de 2003. Avec des conséquences tragiques dans les EHPAD, les établissements pour personnes âgées et par ricochet, une aggravation de l’engorgement dans les urgences.

Et Agnès Buzyn, quelle est sa marge de manœuvre ? 

Edouard Philippe et Emmanuel Macron lui reprocheraient d’avoir sous-estimé la gravité de cette crise. Peut-on répondre comme elle l’a fait au début que la solution demandera une dizaine d’années, le temps de réorganiser la médecine de ville ? Est-ce que confier une mission au Conseil national de l’urgence hospitalière et à un député pour qu’ils remettent un énième rapport cet automne, est à la hauteur ? Matignon et l’Elysée pourraient donc réduire le périmètre d’action de la ministre. Sur les retraites, Jean-Paul Delevoye, dès la rentrée, pourrait monter en grade et devenir Haut commissaire avec un titre de membre du gouvernement. On dit aussi que la dépendance, autre sujet d’envergure dont a la charge Agnès Buzyn, pourrait revenir au secrétariat d’Etat aux solidarités dont le titulaire actuel pourrait changer. Il resterait encore à Madame Buzyn, les hôpitaux, la loi de financement de la Sécu, le plan pauvreté, la bioéthique et la PMA… On  comprend pourquoi, à quelques semaines de réformes, d’une telle envergure, elle n’ait pas pris la tête de liste des Européennes pour La République en marche…

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