Manuel Valls utilise les chaînes d'information en continu pour reconquérir l'opinion, alors qu'il n’y a pas si longtemps pourtant, le gouvernement était en froid avec BFM.

manuel valls au 20 heures de tf1 dimanche
manuel valls au 20 heures de tf1 dimanche © reuters

Vous vous souvenez de cet automne ? C'était la guerre ! BFM TV, au sommet de l'Etat, c'était l'ennemi, la chaîne à abattre. Trop populiste, trop à droite. On suspectait même l'Elysée d'intriguer en coulisses pour que le CSA accorde enfin un canal gratuit sur la TNT à LCI, la chaîne info payante de TF1, pour essayer de concurrencer, d'écraser BFM. Ca arrivait dans la foulée de l'affaire Leonarda, avec BFM qui avait diffusé en direct les larmes de la petite collégienne depuis Mitrovica au Kosovo. Ce qui avait contribué à décrédibiliser la parole présidentielle. Derrière, certains parlementaires socialistes comme Bruno Le Roux avaient parlé de « Fox News » à la française ou même pire de « B-FN TV ». Tout ça, c'est du passé. Maintenant, c'est le grand amour.

Cette réconciliation s'explique tout simplement par l'arrivée d'un pro de la com’ à Matignon, j'ai nommé Manuel Valls .

Le Premier ministre, il adore les chaînes info. Et ça se voit. Prenez les quinze derniers jours, on a vu tout le gratin du gouvernement défiler derrière le micro de Jean-Jacques Bourdin : Jean-Yves Le Drian, Benoît Hamon, François Rebsamen, Arnaud Montebourg, et même François Hollande le 6 mai, même s'il a fallu deux ans au Président pour tenir sa promesse de revenir sur le plateau de Bourdin. Et lePremier ministre aussi, qui était jeudi soir sur BFM depuis Lille. On l'écoute :

On n'est pas forcément obligé de le croire, Manuel Valls, quand il dit qu'il ne s'intéresse pas au "clapotis de l'actualité". Parce qu'il suit tout, il écoute tout, il surveille tout ! Il lui arrive même, par exemple, de suivre un débat en direct sur BFM dans son bureau à Matignon et d'envoyer ses commentaires à chaud par SMS à Ruth Elkrief. Pour la petite histoire, Manuel Valls porte son portable à la ceinture dans une petite pochette en cuir, on dirait un holster, et quand il décroche on a parfois l'impression qu'il dégaine une arme... C'est justement de cela dont il s'agit : pour Matignon, les chaînes info, c'est une arme, une arme pour tenter de reconquérir l'opinion. Il le dit en off, Manuel Valls : « Hollande déteste la com, il a tort ». Sa stratégie à lui, c'est le « carpet bombing », le tapis de bombe : il ixi, « un jour une carte postale », exactement comme Nicolas Sarkozy.

Et cela marche aussi pour les couacs, car il y a toujours des couacs . Mais la différence avec la période Ayrault, c'est qu'ils sont traités en urgence pour éviter qu'ils tournent en boucle sur les chaînes info.

Aquilino Morelle ?

Exfiltré de l'Elysée dans les 24 heures ! La petite porte-parole du PS, Rafika Rezgui, qui faisait du lobbying pour Bouygues Telecom ? Décapitée avant même qu'on ait le temps de retenir son nom ! Ségolène Royal, qui a attaqué Montebourg dans le dossier Alstom ? Recadrée illico !

C'est Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, qui résume très bien cette nouvelle stratégie anti-boulettes : « Dès qu'il y a un problème, on ne tergiverse plus, boum ! » Bref, vous l'avez compris, c'est la guillotine. Avis aux amateurs...

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