D’ici à 2022, on va voter quatre fois : entre la fin des municipales, les régionales, les départementales et la présidentielle… Cela fait déjà beaucoup. Et ça pourrait même être davantage !

Emmanuel Macron lors d'une vidéo conférence en mai 2020
Emmanuel Macron lors d'une vidéo conférence en mai 2020 © AFP / Ludovic Marin

Hier soir, L’Express sort sur son site internet une interview d’un eurodéputé En marche qui explique qu’il ne faut pas écarter la piste de la dissolution, dans les prochains mois. 

La dissolution, vous savez, cette arme atomique utilisée un beau jour de 1997 par Jacques Chirac et qui s’est retournée contre lui. Résultat : victoire des socialistes aux législatives et cohabitation. 

Or, cet élu qui ose prononcer le mot tabou, ce n’est pas n’importe qui. C’est Stéphane Séjourné, l’ancien conseiller politique d’Emmanuel Macron. L’un des stratèges de 2017. C’est le chef de file des macronistes au parlement européen. Donc quand Stéphane Séjourné parle, c’est souvent l’Elysée qui est derrière. 

Quel intérêt aurait Emmanuel Macron de prendre un tel risque ? 

Cela paraît absurde. Mais dans la cinquième, seuls des présidents en cohabitation ont réussi à être réélus… Mitterrand et Chirac. Est-ce que c’est l’idée ? En gros, filer le gouvernail à l’opposition pour qu’elle se crame…

Une chose est sûre, c’est qu’Emmanuel Macron doit renverser la table. Car sa majorité rétrécit au parlement. Et dans les villes, les maires qu’on pensait macron-compatibles s’éloignent. 

Mais surtout, il y la crise sociale. Un mur de licenciements arrive… Un ministre, un peu catastrophé, nous disait récemment : il n’y aura plus un seul recrutement cet automne en France. Dans ce contexte, les remaniements ne servent à rien. Changer des ministres peu connus par des personnalités peu connues, c’est un coup d’épée dans l’eau.  

En clair, Emmanuel Macron n’a pas d’autre choix que de taper fort !

Oui. Un macroniste important imagine d’ailleurs un scénario extrême. Je vous le livre. Le président soumettrait un référendum aux Français. Derrière, il démissionne et se représente dans la foulée. Vous suivez ? Il remet son titre en jeu. Ca donnerait une présidentielle, dès l’an prochain.  

Comme vous le voyez, ca cogite fort en ce moment. Ce qu’on sait, c’est que Macron veut faire un point avec les Français en juin. Une sorte de grand débat nouvelle formule pour déterminer les priorités politiques, après la crise sanitaire. 

Et après, il enclenchera son coup de poker. A la rentrée. A condition bien sûr que la crise sanitaire soit derrière nous. Là aussi, c’est le saut dans l’inconnu. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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