menaces islamistes contre la france et françois hollande
menaces islamistes contre la france et françois hollande © reuters

La démission de François Hollande, un sujet bien sûr un peu absurde, mais à force de lire les appels de l’opposition à la démission du Président, on se demande si ce n’est pas un sujet sérieux. Même Nicolas Sarkozy s’y met. Parlant de sa mise sur écoute, il dit : « Dans n’importe quel autre pays, aux États-Unis, Hollande serait contraint à la démission. » C’est ce qu’il dit selon le Journal du Dimanche . On voit bien ce que Nicolas Sarkozy dénonce : un complot des socialistes pour l’empêcher de revenir.

Et quand il parle des Etats-Unis, c’est d’une affaire très précise : le Watergate. Des élus UMP font aussi ce parallèle, même le mesuré Jean-Pierre Raffarin, qui dit dans Le Monde : « Je croyais que le temps de Nixon était révolu. »

Mais ce n’est pas François Hollande qui a décidé de mettre sur écoute Nicolas Sarkozy, c’est la justice ! Ce n’est pas de l’espionnage politique.

Le gouvernement a été d’une immense maladresse dans sa communication, mais rien ne prouve qu’il est à la manœuvre. La droite le sait, mais elle joue avec le symbole de cette affaire explosive qui a contraint le président Nixon à la démission…

Ce n’est pas la première fois qu’il y a des appels à la démission de François Hollande. Pendant les débats sur le mariage pour tous, Henri Guaino avait réclamé sa démission.

Après l’affaire Léonarda, Marine Le Pen l’avait fait.

Après la révélation de la liaison du Président avec Julie Gayet, Georges Fenech, député UMP, avait écrit sur son blog : « la question de la démission de François Hollande se pose ».

Cela fait beaucoup et ce n'est pas très sérieux, mais ça traduit une réalité dont se plaignent régulièrement les dirigeants de gauche : ils ont le sentiment profond que la droite ne les considère pas comme légitime à gouverner.

Et considèrent encore moins François Hollande comme légitime à l’Élysée. Comme si l’opposition avait le sentiment de s’être fait voler sa place au pouvoir.

En théorie, il est toujours possible qu’un Président démissionne. C’est arrivé une fois, une seule, sous la Vème République . En 1969, le général de Gaulle, après avoir perdu un référendum prétexte, a quitté l’Elysée.

Depuis, quelles que soient les crises traversées par le pouvoir, le Président ne s’est jamais défait volontairement de son mandat, confié par le suffrage universel. Même en cas de cohabitation.

Et, scoop !, je peux vous dire que François Hollande ne le fera pas. Alors certains réclament plutôt la dissolution de l’Assemblée et l’organisation de nouvelles élections législatives. Des députés socialistes assurent que le sujet est à la mode au Palais Bourbon. Là encore, le jeu de politique fiction est dangereux. Et peut-être même d’abord pour l’opposition. Pour gagner des élections, encore faut-il mettre de l’ordre dans ses rangs, avoir un leader pour créer la dynamique. À l’UMP, on en est bien loin.

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