Marine Le Pen a appelé ses électeurs à voter hier, dès le premier tour, pour le candidat de la droite lors de la législative partielle qui se déroulait à Mayotte.

Par Renaud Dély.

Marine Le Pen a fait ce choix parce que le Front National, enfin le futur Rassemblement national, n’avait pas de candidat dans cette circonscription bien sûr. Elle l’a aussi justifié par la situation dans l’île, qui est bloquée depuis un mois par une grave crise migratoire et une série de violences. Mais c’est une vraie révolution culturelle pour le parti d’extrême droite. Cette décision marque en effet la fin de « l’UMP-PS», vous vous souvenez, cette ligne qui consistait à renvoyer dos-à-dos les partis de droite et de gauche dans le camp des « mondialistes ». 

Depuis le milieu des années 90, donc déjà sous le règne de Jean-Marie Le Pen, le FN refusait toute forme d’alliance à droite. Le slogan du parti fut même « Ni droite, ni gauche, Français ! ». Et ces dernières années, l’influence de Florian Philippot et de son discours très anti-européen avait renforcé ce positionnement. La page est tournée !

Marine Le Pen espère-t-elle participer à une coalition qui rassemblerait l’ensemble des droites ?

On n’en est pas encore là mais il faut noter qu’elle a aussi justifié son choix de soutenir le candidat LR à Mayotte par le profil et le discours de ce candidat, extrêmement proche de celui du FN. Hors, ce profil, désormais, chez Les Républicains, il est extrêmement commun. Sous l’influence de Laurent Wauquiez, la droite parle comme l’extrême droite. Dans les meetings, les militants applaudissent les mêmes saillies contre l’immigration ou les mêmes attaques contre les musulmans. Et à la base, croyez-moi, les militants de LR ne comprennent plus bien pourquoi leurs chefs continuent de refuser l’alliance avec le parti lepéniste.

Marine le Pen sortirait-elle forcément gagnante d’une telle alliance ?

On sait que Laurent Wauquiez veut profiter de sa faiblesse pour pomper l’électorat FN. Mais Marine le Pen a quand même beaucoup à gagner à une alliance, car elle donnerait une utilité au FN. Les électeurs lepénistes finissent par se lasser de voter pour un parti qui n’accède jamais aux responsabilités et ce sentiment s’est accru depuis le débat raté de l’entre-deux-tours. 

C’est aussi pour déguiser le FN en parti de gouvernement qu’elle s’affiche aux cotés des vainqueurs. C’est pour ça qu’elle avait accueilli Steeve Bannon, le stratège de la campagne de Trump, au congrès de Lille, et c’est pour ça qu’une brochette de députés FN, emmenés par son compagnon, Louis Alliot, est allé faire allégeance à Poutine à Moscou de ce week-end. 

Et tant pis si ça ne fait pas très patriote de s’aplatir devant des dirigeants - Poutine et Trump - qui mènent des politiques très hostiles aux intérêts de la France.

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