Le week-end dernier, la droite italienne a implosé. La droite française risque-t-elle de subir le même sort ?

l'ump prend le risque de se déchirer sur l'immigration
l'ump prend le risque de se déchirer sur l'immigration © reuters

Certes, comparaison n’est pas raison mais l’implosion de la droite italienne le week-end dernier grosso modo entre des faucons populistes fidèles à Silvio Berlusconi et ceux, plus modérés qui continuent à soutenir le gouvernement d’union d’Enrico Letta, relance la question du devenir de la droite française. Avec une coïncidence de date assez troublante puisqu’il y a tout juste un an, le 18 novembre 2012 : l’UMP se déchirait au moment de l’élection de son président. Un psychodrame entre François Fillon et Jean-François Copé qui a duré plusieurs mois. Les choses se sont apaisées aujourd’hui, mais en apparence seulement. Il ne faut pas chercher très loin pour comprendre que rien n’est réglé. Hier, jour anniversaire donc du schisme de l’UMP, un tweet n’est pas passé inaperçu. Celui d’Eric Ciotti. Le principal lieutenant de François Fillon, celui qui fut son directeur de campagne lors de la primaire interne, a publié cette phrase: «Tout ce qui s'est passé depuis un an, écrit-il, confirme que Fillon était le meilleur pour diriger l'UMP ». C’est vous dire l’ambiance qui règne encore aujourd’hui dans l’opposition.Les uns et les autres se regardent en chiens de faïence. Comme le confiait un cadre de l’UMP tout récemment : « c’est toujours la guerre froide, mais maintenant, il y a un téléphone rouge ». On se parle, mais ça va toujours mal.

Pourtant, à entendre les proches du président de l’UMP, le parti est en ordre de marche. A les écouter, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Christian Jacob, le chef de file des députés UMP , tentait hier encore de le faire croire. Ecoutez, il était au micro d’Europe 1 :

On avance… Jean-François Copé a en effet décidé de préparer un projet d’alternance dans les trois mois qui viennent. Mais cette initiative est loin de faire l’unanimité. Pour les fillonistes, le travail sera forcément bâclé. C’est aussi la raison pour laquelle très majoritairement, la droite ne souhaite pas une dissolution de l’Assemblée. Son logiciel n’est pas prêt car un consensus est difficilement trouvable. Son unité est donc toujours fragile et c’est le moins qu’on puisse dire : François Fillon mais aussi Alain Juppé, Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, les prétendants possibles à 2017 attendent tous Jean-François Copé au tournant.

Que les prochaines municipales sur lesquels Copé mise beaucoup soient mauvaises. Et dans la foulée, que l’UMP soit talonnée voire dépassée par le Front national et la légitimité déjà discutée du président pourrait une nouvelle fois être contestée. Nicolas Sarkozy ne serait pas le dernier à tenter d’en tirer profit. Rien n’est donc réglé. Et un scénario à l’italienne pas à exclure. Avec deux droites. Dont l’une serait prête à une alliance avec le MoDem et l’UDI et l’autre plus intransigeante. Cette division est d’ailleurs déjà à l’œuvre. Quand Jean-François Copé fait tout pour faire battre François Bayrou à Pau en mars, François Baroin et Alain Juppé annoncent eux qu’ils soutiennent le président du MoDem. A l’UMP, c’est pas franchement la dolce vita !

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