Depuis une semaine, Marine Le Pen pratique le double langage

Marine Le Pen au Parlement Européen à Strasbourg
Marine Le Pen au Parlement Européen à Strasbourg © WITT/SIPA

Plus que jamais. Au lendemain des attentats, certains ont jugé qu’elle la jouait plutôt sobre, au point que David Pujadas a cru bon y voir de la « modération » et de la « responsabilité ».

En fait de « modération », Marine Le Pen a quand même réclamé la démission du gouvernement. Ce qui n’est ni modéré, ni très cohérent puisque c’est précisément ce dont rêve Daech.

Réclamer la démission du gouvernement, et pourquoi pas du Président, alors que « nous sommes en guerre », une expression que Marine Le Pen répète elle aussi, c’est évidemment ravir les terroristes, qui veulent déstabiliser l’état français. Mais vous l’aurez compris, ce n’est pas franchement étonnant.

Il y aurait quelques convergences de vue entre le FN et les terroristes ou du moins, quelques indices troublants. D’abord, quand on observe les réactions des dirigeants du FN à l’annonce des tueries. Pour le député Gilbert Collard, « ceux qui gouvernent la France sont des traîtres à notre nation ».

Rien que ça… En temps de guerre, les traîtres, on les fusille, non ?

Collard n’en est pas encore là, mais il ajoute : « ceux qui défendent l’islam doivent aller en prison ». Il parle de l’islam, hein, pas de l’islamisme ou de l’intégrisme.

On a même lu dansL’Obs que le sénateur-maire du 7ème secteur de Marseille, Stéphane Ravier, se frotte les mains parce que « cette fois, pas d’esprit du 11 janvier, l’heure est à la peur et au chacun pour soi !».

Et hier encore, un autre élu FN marseillais, un certain Michel Cataneo, retweetait une photo proprement insoutenable montrant de nombreux cadavres à l’intérieur du Bataclan, avec ce commentaire : «Le « système » ne s’est pas offusqué de la photo du petit [ Ilan] sur la plage pour faire passer la pilule des « migrants » La photo a d’ailleurs depuis été retirée des réseaux sociaux. Voilà où en est l’extrême droite. Attention, il ne s’agit là que d’élus, pas de ces milliers de sympathisants, le plus souvent anonymes, qui inondent Twitter.

Marine Le Pen ne condamne pas ces dérapages ?(NDLR : Et non [ces attentats] comme initialement écrit suite à une malencontreuse erreur matérielle de transcription. Toutes nos excuses.)

Au contraire. En sous-main, elle les encourage.Ce week-end, lors d’une réunion au siège du FN, elle et ses plus proches se sont répartis les rôles : à Marine Le Pen un semblant de retenue pour jouer à la Présidente, à charge pour ses lieutenants de distiller les basses attaques, les insultes, les calomnies. C’est un cadre du FN qui rapporte la consigne qui circule au sein du parti : « Il faut continuer de bordéliser et ne pas relâcher la pression ».

Evidemment, de ce « bordel » doit jaillir le vote FN. Certains militants ont même du mal à cacher leur joie et lâchent: « Pour 2017, c’est plié ! ».

Alors, certes, on ne dira pas que le FN vote Daech, non bien sûr. Mais en revanche, ce qui est clair, c’est que Daech vote FN.

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