Les politiques ont toujours écrit des livres, mais en cet automne, il y a un genre qui est très en vogue : l’autobiographie. Décryptage de cette tendance.

Valérie Pécresse et Rachida Dati dans l’hémicycle
Valérie Pécresse et Rachida Dati dans l’hémicycle © AFP / PATRICK KOVARIK / AFP

Rachida Dati était l'invitée de la matinale de France Inter ce lundi 18 novembre, pour nous parler de son dernier livre. Sa jeunesse dans les cités, l’envie de s’en sortir, sa carrière – ensuite – de magistrate, puis, l’entrée en politique. 

Au même micro, quelques jours auparavant, c’était une autre personnalité de droite, Valérie Pécresse, qui retraçait – elle aussi – le fil de sa vie. Ses séjours dans un camp de pionniers en Russie, son grand père psychiatre, charismatique, qui a eu André Malraux comme patient… 

Et on pourrait citer plein d’autres livres qui sortent actuellement… Guillaume Peltier, le numéro 2 des Républicains, raconte comment la précarité s’est abattue sur la famille, quand son père a connu le chômage.

Alors, si le genre vous intéresse : il y a aussi un livre d’entretiens intéressants de Gérard Larcher, le président du Sénat. Vous avez, aussi et je vais arrêter la liste là, le socialiste Bernard Cazeneuve qui raconte comment il a vécu les attentats….

On est entré dans une phase d’accélération politique

Avec les municipales mais surtout, on a basculé dans la seconde partie du quinquennat. Avec la présidentielle au bout. Or, personne ne s’impose. Donc tout le monde s’agite.

On veut se faire connaître, créer un événement médiatique autour de soi. Et puis, un livre, ça fait toujours sérieux, même si certains n’en vendront pas beaucoup. 

Au fond, c’est le syndrome Macron. Depuis la victoire d’un jeune de 39 ans, qui n’avait jamais été élu, tout le monde se dit : "Pourquoi pas moi, après tout ?". D’où ces récits de vie. Avec le côté « je le vaux bien », qui peut paraître parfois un peu décalé par rapport aux attentes du public.

Ces livres se veulent, un peu, des antidotes au rejet des élites

Je vous explique qui je suis et vous comprendrez mieux la sincérité de mon engagement. Sauf que pour beaucoup de Français, c’est juste une grosse ficelle de communication. 

Car l’époque est très marquée par le refus, justement, de la personnalisation. Regardez les "gilets jaunes". C’est un mouvement qui a refusé les porte-parole, qui a coupé toutes les têtes qui commençaient à émerger. Parfois dans la violence. 

Ça a été sa force. Le collectif, plutôt que les individus. Ça a été aussi sa faiblesse, puisque ça n’a pas vraiment eu de débouchés. On l’a vu aux Européennes. Une chose est sure : ça n’a donné lieu à aucun succès de librairie. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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