Par Marcelo Wesfreid de L'Express.

Nous avons longuement discuté cette semaine avec Jean-Louis Debré, le président du Conseil Constitutionnel, un homme dont la place est très convoitée...

Il nous a reçu la semaine dernière dans son majestueux bureau du Palais-Royal. Comme un sorte de châtelain. Tout en rondeur. Il nous a montré des frises au plafond qui ont été restaurées. On nous a servi un bon Pommerol 2009.

Et là, entre la poire et le dessert, l'ancien ministre de l'Intérieur de Jacques Chirac nous a confiés qu'il recevait pas mal de coups de fils intéressés ces derniers temps.

En effet, son mandat à la tête du Conseil constitutionnel prend fin dans trois mois. Il sera resté, en tout, neuf ans, comme c'est la règle. Il aura validé et censuré un paquet de lois.

Souvenons-nous, pour ne prendre qu'un exemple, de la fameuse taxe à 75% que le candidat Hollande avait concoctée sur un coin de table et qui n'est jamais passée en l'état.

Je reviens aux coups de fils. Des candidats à sa succession l'appellent:

« Cher Jean-Louis. Comment allez-vous? Alors, vous partez en janvier... C'est dommage... Votre bilan est excellent... Enfin, si vous voyez le président de la République, ce serait aimable de lui glisser mon nom... ».

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De qui parlait-il? Je n'en sais rien. Mais ça le fait bien sourire, Debré.

Une chose est sûre, c'est bien François Hollande, qui doit nommer prochainement son successeur.

Parmi les favoris, on cite souvent la garde des Sceaux Christiane Taubira.On cite aussi Lionel Jospin, qui est déjà membre du Conseil constitutionnel. Il serait du coup, promu. Mais le nom qui revient avec le plus d'insistance... Laurent Fabius. Cela ferait une retraite dorée pour le ministre des Affaires étrangères... un peu crevé de faire le tour du monde en avion. Fabius-Jospin, bonjour les étincelles. Les deux anciens premiers ministres se détestent...

Et Debré, après qu'il aura quitté son poste, il écrira un livre - encore un, vous me direz, il en a écrit une quinzaine depuis qu'il est au conseil constitutionnel - mais là ce serait explosif. Il prépare une sorte de livre-règlement de comptes qui racontera notamment les pressions des sarkozystes quand le Conseil constitutionnel a rejeté les comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

On risque d'en reparler.

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