par François-Xavier Bourmaud

Rassemblement de soutien pour la Tunisie, Place de la Republique, pour denoncer les attaques terroristes du musee du Bardo, en presence de Jean Luc Melenchon.
Rassemblement de soutien pour la Tunisie, Place de la Republique, pour denoncer les attaques terroristes du musee du Bardo, en presence de Jean Luc Melenchon. © Maxppp / Aurélien Morissard

Ce matin on se demande comment les politiques s’accommodent des demandes de plus en plus nombreuses... de selfies!

Oui, et ce n’est pas forcément simple pour un homme politique d’appréhender cette nouvelle demande des électeurs sur le terrain. Prenez Jean-Luc Mélenchon par exemple. C’était à l’occasion d’un déjeuner il y a quelques jours dans un « petit rade du 10ème » comme il dit et nous parlions de sa participation à l’émission de M6, Ambition intime. Jean-Luc Mélenchon expliquait vouloir adoucir son image, apparaître un peu moins rugueux, que dans la perspective de l’élection présidentielle, s’il voulait rassembler, c’était important. Sur ce, arrive un gars qui le reconnaît.

Hè monsieur Mélenchon, on peut faire un selfie ?

Et là, Jean-Luc Mélenchon… pète un plomb. «Mais tu vois pas qu’on travaille ».« Je ne suis pas un objet de consommation » et puis « je les connais les loulous dans ton genre ». Bon… Tout de suite ça a permis de mesurer l’ampleur du travail qui lui reste à faire pour son opération tendresse.

Et finalement il l’a fait, ce selfie ?

De mauvaise grâce oui mais il l’a fait. Refuser un selfie c’est comme refuser de serrer la main. Et Jean-Luc Mélenchon va devoir s’y habituer parce que le selfie, c’est maintenant l’incontournable de la campagne électorale.

Comment ça ?

Avant, les candidats à l’élection présidentielle serraient des mains à tour de bras. C’est la fameuse légende de Jacques Chirac qui transportait des seaux de glace dans le coffre de sa voiture pour calmer les brûlures après des séances intensives de serrage de paluche. Avec le selfie, fini tout ça. Vous prenez la pose avec les passants et hop ! direct sur les réseaux sociaux. Un selfie ça permet de toucher à peu près dix fois plus de monde qu’une poignée de main. Mais c’est surtout un geste qui fait partie des habitudes des électeurs. C’est Alain Juppé qui le dit : « Si je touchais un droit sur les selfies, je serai millionnaire ».

Mais ça prend quand même beaucoup plus de temps que de serrer une main…

Deux à trois secondes pour serrer une main. Vingt à trente secondes pour prendre un selfie. Dix fois plus. Le temps de demander, de sortir le téléphone portable, de cadrer et de prendre la photo. L’avantage, c’est que ça permet d’échanger deux trois mots avec les passants, de leur demander d’où ils viennent, ce qu’ils font, ce genre de chose. Mais effectivement, c’est beaucoup plus long. Et du coup, certains candidats (ou possibles candidats) essayent de s’organiser pour gérer cette nouvelle contrainte. Ils raccourcissent la distance de leurs déambulations pour ne pas perdre trop de temps. Chez Emmanuel Macron, on a même théorisé le selfie. Ecoutez comment le définit un de ses conseillers : « Le selfie, c’est le moment de jonction entre la campagne physique et la campagne numérique ». Avec tout de même un risque : tomber sur des petits rigolos qui recherchent le cliché polémique. C’est arrivé au début de l’année à François Hollande qui s’est retrouvé avec un gars qui faisait un doigt d’honneur sur la photo. C’est arrivé à Marine Le Pen en 2011 qui s’est retrouvée en photo encadré de deux néo nazis. Depuis, elle fait très très attention à qui s’approche d’elle pour un selfie. Un peu comme Jean-Luc Mélenchon.

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