Par Nathalie Schuck

Manifestation suite à l'annonce de la fermeture de l'usine de Belfort
Manifestation suite à l'annonce de la fermeture de l'usine de Belfort © Maxppp / nc

Les proches du président suspectent des réseaux sarkozystes de s'activer pour pourrir la situation sociale...

Je ne vous raconte pas la colère au sommet de l'Etat, quand on a découvert la bombinette Alstom avec l'annonce, un peu rapide, de la fermeture du site de Belfort. Le gouvernement s'est senti pris au piège. Manuel Valls était furax contre Henri Poupart-Lafarge, le PDG. Comme il dit, façon Raoul Volfoni, « le type, il nous balance ça comme ça. On s'en est occupé, on l'a opéré ! »

Autant vous dire que, depuis, l'exécutif surveille le moindre petit début de risque de plan social. Et un vent de complotisme souffle à l'aube de la présidentielle. Un élu proche du président, qui connaît bien les questions industrielles, me disait : « Certaines boîtes sont tentées d'accélérer leurs plans sociaux pour faire des économies et pour nous emmerder ! Sarkozy manœuvre à mort. Ses réseaux disent aux boîtes qu'il va y avoir une alternance en mai ».

Paranoïa ? Pas tant que ça. Il y avait déjà eu un épisode troublant au tout début du quinquennat de François Hollande, en juillet 2012. Le groupe PSA Peugeot Citroën avait annoncé un giga-plan de 8000 suppressions de postes. Grosse colère du PS, qui avait accusé Sarkozy d'avoir sciemment retardé cette catastrophe pour ne pas plomber sa campagne.

C'est un livre d'un de ses conseillers, Camille Pascal, qui leur avait mis la puce à l'oreille. Il raconte la scène suivante : en novembre 2011, en pleine pré-campagne, le président Sarkozy découvre qu'un énorme plan social va être annoncé par PSA. Il enguirlande le PDG Philippe Varin : « Ce n'est pas difficile de venir me voir. Quand vous êtes au bas des Champs-Elysées, vous prenez la rue Marigny, vous tournez à droite. Là, il y a une grande porte : ça s'appelle le palais de l'Elysée ». Donc l'ancien président savait. Les sarkozystes, eux, nient toute manipulation.

Mais depuis la défaite de Sarkozy, des grands patrons du CAC40 avouent qu'ils ont été déçus, qu'il n'est pas allé assez loin sur les 35 heures ou l'ISF. D'ailleurs, ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui a gagné à l'applaudimètre à l'université d'été du Medef fin août, c'est Alain Juppé. Les patrons, vous savez, sont des pragmatiques : s'ils ont un plan social à annoncer, ils préfèrent ne pas le faire en pleine campagne pour éviter un défilé de candidats. Comme dit Valls aux médias : « Vous feriez mieux d'installer un stand à Belfort, Montebourg sera pas le dernier ! »

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.