Il est le seul opposant à Emmanuel Macron, à l’Assemblée Nationale, dans la rue, samedi prochain. Pourtant, cette bonne étoile risque d’arrêter de briller...

Jean-Luc Mélenchon en septembre 2017
Jean-Luc Mélenchon en septembre 2017 © AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Par Jannick Alimi

A priori, Jean-Luc Mélenchon - avec Emmanuel Macron - est le seul gagnant de l’«ère nouvelle» qui se serait ouverte depuis la présidentielle. Le patron de la France Insoumise est aujourd’hui le seul à incarner l’opposition de gauche et l’opposition tout court tant que le Parti socialiste, Les Républicains et le FN se déchireront et se diviseront. Et pourtant, au sein même des Insoumis, on commence à s’inquiéter :

Si Jean-Luc continue à faire cavalier seul, la droite et Macron seront au pouvoir pendant encore 25 ans.

Pourtant, Jean-Luc Mélenchon a fait un « zéro faute » jusqu’à présent. Le Mélenchon d’après 2012, radicalisé qui a sabordé le PS, le Mélenchon qui refuse tout compromis avec la social-démocratie a remporté son pari. Plus que l’opposant numéro 1, le député de Marseille serait désormais devenu le président « bis ». Sauf que… Comme le FN, la France Insoumise, en grossissant, se cogne à un plafond de verre qui risque de bloquer son ascension et de laisser son leader aux portes de l’Elysée. Son plafond de verre, c'est l’absence de vrai parti structuré qui empêche, par exemple, La France Insoumise de présenter des listes aux sénatoriales, dimanche prochain.

Le plafond de verre de Mélenchon, c'est aussi son refus catégorique de « rassembler »

Pire ! Une envie, un besoin même d’affronter ses alliés objectifs : le Parti communiste- on l’a vu encore ce week-end avec la Fête de l’Humanité snobée ouvertement par le leader des Insoumis, mais aussi Benoît Hamon et ce qui reste des socialistes. Mais, comme le laisse entendre un Insoumis déçu, « le plafond de verre le plus épais, c’est peut-être Jean-Luc lui-même. » Entendez, le Mélenchon qui a toujours gravé dans son bréviaire politique, le « non » du peuple français à l’Europe en 2005, le Mélenchon fidèle à la « ligue bolivarienne », le Mélenchon qui a claqué la porte du PS en 2008, autant de « souvenirs écrans », comme diraient les psy, qui bloquent la progression du mouvement. De cela, Mélenchon en est conscient. Et pourtant, il reste imperturbable. Ce qui fait s’interroger certains de ses proches: « Mélenchon veut-il vraiment gouverner ? »

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