Etienne Gernelle désespère de la politique et nous démontre ce matin pourquoi le mensonge paie en politique. Application avec la réforme des retraites, explosive, avec tout le monde qui rue dans les brancards et Emmanuel Macron qui redouble de prudence.

Les retraites : les mensonges se poursuivent
Les retraites : les mensonges se poursuivent © Getty / Jose Luis Pelaez Inc

Pourquoi ? Parce que la réforme par point, qu’il propose, oblige à tout ressortir du placard, et qu’apparaît peu à peu l’un des plus gigantesques bobards de la politique française

Tout commence en 1981, lorsque Mitterrand abaisse l’âge de la retraite de 65 à 60 ans alors que l’espérance de vie augmente.  C’est le plus gros chèque en bois de l’histoire de France. Il sait qu’il n’y aura jamais assez d’actifs pour payer les millions de retraités. Mais que ce sera après lui …

Tous depuis ont prolongé le mensonge, renoncé à dire toute la vérité. Certains ont tenté de réformer un peu : Balladur, Juppé, Fillon, Woerth... mais personne, personne n’est allé jusqu’au bout et avoué l’ampleur de la fausse promesse. Et si la droite a plus tenté au pouvoir, elle a, dans l’opposition, souvent joué au jeu de la démagogie sur le sujet

Les premières victimes sont les actifs, puisque dans la retraite par répartition, ce sont les actifs qui paient pour les retraités. Ils sont sur-ponctionnés, et ont aujourd’hui un niveau de vie inférieur aux retraités, ce qui est fou, et un cas unique dans l’OCDE.

Les deuxièmes victimes sont les retraités, ou ceux qui sont proches de la retraite car ils ont fait des plans de vie en fonction de cette fausse promesse, et il est trop tard pour en changer.

Et il le font sciemment. Il suffit de lire sur Internet le livre blanc sur les retraites de Michel Rocard, c’était en 1991 ! 

Tout y est ! Les ratios actifs  - retraités, les inégalités prévisibles entre générations, la nécessité de la retraite par points… les données démographiques ont un peu changé mais pas tant que ça. Personne ne pouvait l’ignorer, et les rapports du Conseil d’orientation des retraites l’ont ensuite dit et redit ! 

C’est un bobard volontaire. Du Madoff sur argent public.

« Un mensonge a le temps de faire le tour de la Terre le temps que la vérité mette ses chaussures » disait Mark Twain. 

Nos dirigeants en ont profité, et n’ont jamais vraiment payé le prix politique de ce mensonge. 

Macron sera peut-être le premier. Du moins s’il va au bout de l’opération vérité.

Elle n’est pas terrible, la morale de cette histoire… N’est-ce pas ?

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