Dans 500 jours que se déroulera laprimaire à droite. Nicolas Sarkozy a pris une longueur d'avance. Du coup, ses rivaux tentent de “fendre l'armure” pour rattraper leur retard, mais fendre l’armure peut être risqué...

On a eu ces derniers jours deux belles opérations d’« humanisation » d'Alain Juppé et François Fillon, qui se sont montrés comme on ne les avait jamais vus. Objectif : casser leur côté austère, pas assez proche des gens. On appelle ça « fendre l'armure ». Vous avez peut-être vu Fillon, la semaine dernière, dans l'émission des fans de bolides, Top Gear , filant à toute allure sur un circuit au volant d'une Dacia ?

On écoute un petit extrait:

De toutes les compétitions, c'est certainement celle qu'il préfère, même s'il reste impatient. Allez ! Allez ! Ça avance pas beaucoup, hein...

Il ne parle pas de sa campagne, François Fillon, mais c'est tout comme. Ses proches trouvent que ça patine, qu'il n'imprime pas dans l'opinion. Alors ils le pressent de casser son image de grand bourgeois à la mèche impeccable. C'est vrai que le sondage Ifop du JDD hier était rude : 5% seulement pour Fillon chez les sympathisants de droite et du centre !

Alain Juppé, aussi, se lâche. Au revoir l'énarque trop rigide. On l'a vu chez Laurent Delahousse raconter qu'il a déjà voté extrême-gauche ou qu'il rêvait d'être Pape quand il était gamin. On l'a vu aussi sur Twitter lancer à ses followers un très surprenant: «Je prends mon pied ! ».

Gare à la sortie de route !

En général, quand on commence à se livrer, à essayer de « faire peuple », c'est que ça sent le roussi. Un ex-ministre de Sarkozy me disait: « Il y a toujours un moment où on fait trop. Ce sont des erreurs de crânes d'œuf qui sentent que les choses leur échappent ». C'est vrai qu'il y a beaucoup d'exemples de candidats qui en ont fait trop, et à qui ça n'a pas porté chance. Vous vous souvenez de Laurent Fabius, quand il visait l’Élysée ? Il avait expliqué qu'il aimait la moto, manger des carottes râpées et regarder La Star Ac’ . NKM aussi, avait raconté, quand elle était candidate à la mairie de Paris, ses « moments de grâce » dans le métro.

Le meilleur exemple de ce qu'il ne faut pas faire reste Édouard Balladur.

C'est même le contre-exemple absolu ! C'était pendant la campagne de 1995, quand les sondages se sont retournés pour Chirac. Balladur avait voulu casser son côté aristo en faisant du stop devant les caméras. Une Mercedes était arrivée. Patatras, on avait découvert que la conductrice était la cousine d'un de ses collaborateurs. Moralité : fendre l'armure, c'est bien, mais attention à ne pas la briser en en faisant trop!

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