Chez les principaux candidats, on songe déjà à préparer les lendemains de l’élection de dimanche.

Par Renaud Dély.

On prépare le « jour d’après », et plus précisément le jour d’après la défaite, puisque par définition, dimanche soir, trois des cinq candidats que l’on dit « grands » seront éliminés.

Officiellement, à quelques jours d’un scrutin, personne ne parle jamais de défaite. Tout le monde se voit vainqueur, c’est un peu comme à l’Ecole des Fans de votre enfance.

Je me suis amusé ces derniers jours à sonder les entourages des candidats sur la défaite. Paradoxalement, là où ça paraît le plus simple, c’est chez Emmanuel Macron. Evidemment, s’il n’atteignait pas le second tour, la déception serait immense. Et pourtant, quand on sonde, c’est le cas de le dire, son entourage, on entend des phrases comme « pour Emmanuel, ce n’est qu’un début » ou « il a l’avenir devant lui… » Bref, ses « marcheurs » sont d’incorrigibles optimistes qui se disent qu’à 40 ans, leur champion aurait sans doute une seconde chance d’accéder à l’Elysée.

Chez Jean-Luc Mélenchon, la sérénité règne aussi, mais c’est pour la raison inverse. « Jean-Luc aura réussi un sacré bouquet final ! », me confiait il y a quelques jours un de ses soutiens. A 65 ans, c’est peut-être bien sa dernière campagne mais s’il supplante le PS, Mélenchon, même éliminé, aurait déjà largement changé le visage de la gauche.

Au FN et chez Les Républicains, en revanche, l’ambiance serait un peu plus agitée : en cas d’élimination surprise de Marine Le Pen dès le premier tour, on promet déjà de se débarrasser de… Florian Philippot. « Il mène le Front dans le mur avec son obsession anti-euro, il faudra lui faire payer ses erreurs », s’énerve un soutien de Marion Maréchal Le Pen. Le même ajoute qu’une fois le cas Philippot réglé, il faudra préparer carrément « l’après-Marine ».

Chez Les Républicains, évidemment, l’heure des règlements de comptes promet d’être terrible en cas de défaite de Fillon. Les Sarkozystes rêvent d’en appeler au retour de leur héros, Laurent Wauquiez se voit déjà à la tête du parti… Et il est loin d’être le seul. Quant aux Juppéistes, ils prophétisent l’éclatement de la droite française.

Au PS, la météo est paradoxalement plutôt calme. C’est là où l’élimination dimanche soir semble la plus probable qu’il risque de se passer le moins de choses. « Benoît s’est déjà fait une raison », soupire un député socialiste qui soutient encore Hamon. Le même ajoute : « Si on perd, ce sera calme parce que le PS est déjà en soins palliatifs…» Et rappelons que justement, Benoît Hamon est le candidat qui fait le plus de propositions pour améliorer la fin de vie.

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