Les phrases sibyllines d’Emmanuel Macron lundi dernier à propos « d’un autre projet bâti dans la concorde » n’en finissent pas de faire des vagues et de créer des illusions chez les Républicains.

Hier, un nouveau poisson a mordu à l’hameçon. Dans le JDD, le député européen LR Geoffroy Didier, ex-jeune espoir de la droite, a exhorté son camp à abandonner ses réflexes partisans. 

Avant lui, le député Guillaume Larrivé avait évoqué l’hypothèse d’un gouvernement de mission fédérant les expériences et les compétences. Point commun entre les deux : conseillers sous Sarkozy, ils n’ont jamais été ministres. 

Comme s’ils avaient oublié que derrière la France Unie le nouveau slogan d’Emmanuel Macron, emprunté à François Mitterrand, il s’agissait une fois de plus d’araser toute opposition à l’exception du Rassemblement national dans la perspective de la présidentielle 2022.

C’est à croire que l’on a en face de nous la droite la plus confinée du monde. Pourtant, on la croyait prête à lâcher ses coups à la fin de la crise. Une partie de ses leaders attendait avec gourmandise les commissions d’enquête sur la gestion du coronavirus par l’exécutif.  

Elle pouvait aussi s’enorgueillir de compter en son sein plusieurs maires, très vigoureux dans la prise en compte des besoins de leurs administrés pendant l’épidémie, Christian Estrosi à Nice et David Lisnard à Cannes. Et c’est la même chose pour les présidents de région LR.  Elle pouvait aussi se réjouir de la réhabilitation de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé sous Sarkozy. Mais il manque toujours à toutes les tribus de la droite, un grand unificateur qui, ce n’est pas faire injure à Christian Jacob, se verrait une carrière présidentielle. 

Ce devrait être le rôle de François Baroin, mais chez LR, on se désespère de voir le maire de Troyes déserter le front depuis le début de la crise sanitaire. Président de l’association des maires de France, il se concentre sur la question de l’organisation du second tour des municipales, question qui est pourtant passée à l’arrière-plan des préoccupations des Français. 

Son camp l’attendait plutôt sur la pénurie de masques ou de tests, sujets éminemment présidentiels tant ils portent à s’interroger sur l’organisation de l’Etat. Il ne tranche pas non plus le débat brûlant rue de Vaugirard, entre les libéraux et les interventionnistes et qui risque de repartir de plus belle au moment du dé confinement.

En capitulant ainsi en rase campagne, la droite non-macronienne montre au grand jour toute son impuissance, réduite à jouer les supplétifs d’un pouvoir pourtant affaibli. 

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