L’écologie politique va visiblement beaucoup mieux en Allemagne que chez nous. Annalena Baerbock a 40 ans et vient d’être désignée candidate des Grünen, les Verts allemands, à la Chancellerie. Et les sondages ne sont pas mauvais, elle pourrait même succéder à Angela Merkel après les législatives de septembre prochain.

Aussitôt, Yannick Jadot a fait une petite danse de la joie, enfin plutôt un tweet. 

Selon lui, il s’agit d’un immense espoir pour l’Allemagne et pour l’Europe. Et l’Eurodéputé se prend même à rêver : « Allemagne 2021, France 2022, Et si le vert devenait la couleur de l’Europe… »

C'est cruel mais par contraste, la réussite des Verts allemands, devenus le deuxième parti outre-Rhin, éclaire l’impasse des écolos français. 

Réchauffement climatique, pandémie, pollution, interrogation sur les voies de la transition, mouvement de la génération climat, on devrait entrer en France également dans le temps des Verts triomphants, aux portes du pouvoir. 

Mais c’est loin d’être le cas. Yannick Jadot est régulièrement sondé en dessous de la barre des 10 %. 

L’écologie politique n’est même pas en position à ce stade de bâtir une alliance susceptible de porter un candidat à l’Elysée. 

Bref, ça s’embourbe, comme si les Verts avaient raté leur affaire du siècle…

On le sait, les Verts allemands sont désormais des réalistes, des pragmatiques dont le projet est clair. 

Ils militent pour une prospérité respectueuse du climat. Ils espèrent participer à une coalition inédite au niveau fédéral, surnommée « feux de signalisation ». Elle serait verte, jaune et rouge, couleurs des partis verts, libéraux et socio-démocrates. 

Les Verts français manquent de clarté 

Ils oscillent entre deux modèles, la version Yannick Jadot, sorte d’alternative douce au macronisme, et une approche bien plus radicale, celle du cœur du parti, qui s’obstine à régler la question présidentielle à sa manière, via l’une de ces primaires dont l’outsider sort toujours vainqueur.

Un courant concurrencé par les Insoumis qui proposent, eux, un réel projet de rupture mêlant l’écologie et le social. 

A cette division s’ajoute une autre difficulté : l’amateurisme des maires EELV élus en juin dernier, qui collectionnent les polémiques sans donner l’impression de pouvoir dessiner un mode de vie alternatif pour tous les Français. 

Outre-Rhin, Annalena Baerbock a jusqu’ici marqué la vie politique par son sérieux et sa connaissance des dossiers. Deux qualités qui peuvent aider en politique. 

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