Aujourd’hui a lieu le dernier conseil des ministres de l’année 2017. L’occasion de revenir sur les changements apportés par Macron à ce rituel républicain...

Sortie du conseil des ministres
Sortie du conseil des ministres © AFP / LUDOVIC MARIN

Par Marcelo Wesfreid

Justement, à ce propos, il y a une phrase dans l’interview d’Emmanuel Macron, dimanche, qui m’a frappé :

Je pense que je fais les conseils des ministres les plus longs et les plus collégiaux de la cinquième République. Je veux que tout soit débattu.

Vous aviez déjà entendu, vous, quelqu’un se vanter de faire des réunions interminables ? Blague à part, c’est vrai ca dure facilement une heure de plus que sous Hollande. En tout, trois heures. 

C’est tellement long, que les ministres n’organisent plus de déjeuner de travail le mercredi et que les journalistes sont de moins en moins nombreux à attendre dans le froid que les ministres sortent.

Des ministres qui ne parlent plus beaucoup en sortant

Vous avez remarqué ? Ils ne disent plus rien. Macron a d’ailleurs fait retirer le praticable où étaient les journalistes avant. Qui se trouvait face au perron. Les ministres qui voulaient nous esquiver devaient faire un détour. Maintenant, on est sur un côté, les ministres peuvent filer dans leur voiture. Tout est fait pour que la confidentialité des conseils des ministres soit préservée. 

Le pari est réussi. Il y a peu de choses qui filtrent, y compris de ce qu’on appelle "la partie D" du conseil des ministres, celle où Macron organise un débat interne, sur un sujet chaud : Notre Dame des Landes, par exemple. 

Les ministres n’ont pas le droit d’avoir leur portable. Ils ne peuvent pas sortir. Et comme chacun peut s’exprimer et même doit s’exprimer, ça installe l’idée que les ministres ont un rôle, qu’ils pèsent dans la décision. Du coup, il y a plus de solidarité. 

De vraies séances de management 

Oui, on annonce les textes de loi, certains parfois sont retoqués s’ils ne sont pas aboutis. Et, parallèlement, on créé du collectif. Avec parfois, des fous rires, racontent certains ministres. Il y a même une ministre qui a chanté une fois, la garde des sceaux Nicole Belloubet

En fait, Emmanuel Macron a tiré les enseignements de l’époque Hollande. Où, quand il était ministre de l’Economie, il a gardé un souvenir atroce de ces moments où chaque ministre lisait son discours préparé par ses conseillers. Il en a tiré les leçons. 

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