Malgré les déclarations belliqueuses de leurs dirigeants, les écologistes sont pour longtemps au gouvernement. Pourtant ils tapent fort contre certains ministres… Et le dernier exemple en date c’est le sénateur de l’Essonne, Jean-Vincent Placé, qui a sorti la sulfateuse contre Arnaud Montebourg dimanche dernier sur Radio J.

La charge est violente ! Ministre inutile et surtout la comparaison avec Sarkozy ! Dans la bouche d’un socialiste ou d’un écologiste c’est l’insulte suprême. On sent que ces deux-là ne passeront pas leurs vacances ensemble et pourtant malgré la virulence de l’attaque, c’est plutôt un signe positif. Parce qu’il n’y a pas si longtemps, Jean-Vincent Placé aurait ciblé Jean-Marc Ayrault voire François Hollande pour taper sur le gouvernement. Là il se contente du ministre du Redressement productif ce qui semble somme toute assez compréhensible pour quelqu’un qui défend les valeurs écolos face à un Arnaud Montebourg qui se place du côté des industriels, notamment sur l’épineuse question du gaz de schiste. Malgré la violence de la charge, Jean-Vincent Placé ne sort pas des clous du pacte majoritaire parce que les Verts n’ont pas l’intention de quitter le gouvernement. Bien sûr, ils ne sont pas enchantés par les couacs à répétition, voire l’amateurisme de certains de leurs camarades socialistes. Bien sûr, ce n’est pas facile dans ce contexte de défendre cette ligne devant des troupes qui se demandent parfois ce qu’ils font sur le Titanic. Mais Cécile Duflot comme Jean-Vincent Placé veulent ancrer leur parti dans le jeu politique. Ils ont négocié avec Martine Aubry la possibilité d’avoir un groupe à l’Assemblée nationale, et avec Hollande d’avoir deux ministres au gouvernement Ayrault. Ce n’est pas pour tout faire voler en éclat deux ans à peine après l’élection présidentielle. L’ambition de Duflot et Placé est de rester le plus longtemps possible au gouvernement. Ils l’ont expliqué à François Hollande et Jean-Marc Ayrault qu’ils voient chacun régulièrement en tête-à-tête ou à qui ils font passer des messages. L’autre jour, Jean-Vincent Placé a même expliqué à Matignon qu’il serait plus utile d’avancer la date d’examen du projet de loi sur la biodiversité. Le sénateur leur a fait valoir qu’en avançant l’examen il pourrait vanter les avancées majeures contenues dans ce projet, avant le second tour des municipales et donc aider la majorité dans l’entre deux tours.

Et si, comme on l’évoque, Jean-Marc Ayrault est remplacé par Manuel Valls à Matignon, les Verts auraient quand même de fortes chances de rester au gouvernement ? Aujourd’hui ils sont dans un gouvernement dans lequel Manuel Valls applique une politique d’immigration qui ne leur convient pas, dans lequel Arnaud Montebourg mène une politique industrielle qu’ils combattent sous la présidence de Hollande qui a mis en place le pacte de compétitivité. En quoi le fait de changer Ayrault en installant Valls à sa place changerait quoi que ce soit aux politiques économique, industrielle et d’immigration ? Enfin, les dirigeants écolos ont compris qu’il n’y avait pas d’espace entre Jean-Luc Mélenchon et François Hollande. Partir du gouvernement serait de l’avis de l’un d’eux un . Voilà pourquoi, malgré les crises d’urticaire, les Verts sont encore pour quelques temps au gouvernement.

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