La crise des Gilets jaunes débouchera-t-elle sur une politique différente? Certains, y compris dans la majorité, estiment qu’elle sera plus à gauche… Nouveau cap, nouveau souffle ?

Les Gilets jaunes n’ont cessé de le crier: plus de justice fiscale et sociale, retour à l’ISF ! Les ministres et Emmanuel Macron lui-même ont déjà fait quelques concessions, avec une enveloppe de plus de 10 milliards d'euros en faveur, notamment, des petites retraites. En relevant le seuil au dessous duquel la hausse de la CSG ne s'appliquera pas. Et des mea culpa verbaux, en reconnaissant par exemple que la réduction des emplois aidés était peut-être une erreur ou que les retraites pourraient être ré indexées dès l’an prochain…   

Mais un virage social à 180° ? On aurait tort de l’attendre... 

Même si une partie de la majorité, République en Marche et Modem, la souhaite et envoie des ballons d'essai, en prônant par exemple une tranche supplémentaire de l'Impôt  pour les plus hauts revenus, ou une TVA Zéro pour les biens de grande consommation. Mais le chef de l’Etat ne cesse de le clamer, le cap sera tenu et l’objectif premier reste la lutte contre le chômage. Avec comme priorités, la compétitivité des entreprises et l’équilibre des Finances publiques.  

A quoi servira le grand débat ?  

D’abord, il y a des réformes institutionnelles qui ne modifieraient en rien le cap du Président. L’instauration d’un référendum élargi ou une réorganisation des collectivités territoriales. Mais il y a aussi le profil de cette classe moyenne très modeste et en crise que l’exécutif ausculte depuis trois mois. Et cette crise c’est moins celle des ouvriers que celle des petits commerçants, des artisans, des employés, des retraités, des mères célibataires. Des populations qui demandent aussi et surtout moins d’impôt et que le travail paie mieux. Des populations, et les cahiers ou les plateformes informatiques de doléances le montrent, qui se sentent plus mal traitées que les fonctionnaires ou les bénéficiaires des minima sociaux… Des électeurs proches de ceux des Républicains et de ceux de Marine Le Pen. Et puis Emmanuel Macron ne peut pas oublier ce socle électoral d’origine qui lui reste fidèle et qui ne veut en rien d’un retour aux politiques de redistribution qui selon eux ont démontré toutes leurs limites.  

Que va faire le gouvernement ?  

Comme me le confiait hier un membre du gouvernement « bien malin le ministre qui sait comment sortir du grand débat. »  Mais, il y a quelques indices tout de même. Quand le Premier ministre en personne évoque des contreparties à certaines aides sociales, vous pensez vraiment que c’est une maladresse ? Quand le secrétaire d’Etat, Olivier Dussopt, relance en pleine crise sociale, les négociations très sensibles sur la réforme de la fonction publique, vous croyez que c’est une maladresse? Un parlementaire proche de l’Elysée confiait: 

La sortie de la crise des Gilets jaunes, ce ne sera ni un tournant ni un nouveau cap, mais une accélération de notre politique.

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