La CGT a annoncé hier qu’elle en claquait la porte. Pas tellement surprenant, mais cela grince aussi du côté de la CFDT. Et c’est normal !

Conférence sur le financement de la réformes des retraites : le 10 janvier 2020,  Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, à Matignon
Conférence sur le financement de la réformes des retraites : le 10 janvier 2020, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, à Matignon © Maxppp / Olivier Corsan / Le Parisien

En pleine grève, on a sorti du chapeau cette idée d’une conférence sur le financement séparé. Comme si c’était un accessoire, alors que c’est là le cœur de la question.

Mais les grèves fatiguaient tout le monde, et cela a apaisé les choses, sans bien sûr rien résoudre : ça s’appelle de la procrastination.

En s'invitant à cette conférence, Edouard Philippe a fixé le cadre : pas de baisse des pensions, pas de hausse du coût du travail

Ça se comprend : baisser les pensions, c’est violent et politiquement invendable.

Quant à augmenter le coût du travail, c’est augmenter le chômage. Il est en train de redescendre en ce moment, il n ‘y a pas d’urgence à le faire remonter…

Or, les retraites c’est comme une baignoire, avec trois robinets, trois leviers : le niveau des pensions, le montant des cotisations, et la durée de cotisation. C’est tout ! Donc si les deux premiers robinets sont interdits, que reste-t-il ? Les mesures d’âge, pardi !

Tout le monde a fait semblant de ne pas le voir, et on retourne aujourd’hui à la case départ : "âge de la retraite" ou "âge pivot", mais c’est la seule vraie possibilité.

Est-ce la seule autre voie ?

Certains contestent les évaluations du déficit, mais c’est plutôt du pinaillage. Ça ne change pas fondamentalement l’équation. 

Et puis, c’est vrai, il y a bien une quatrième voie : dans le JDD, Laurent Berger , parton de la CFDT, a dit que la priorité n’était pas l’équilibre financier, autrement dit on peut continuer à faire de la dette et lester la génération suivante, c'est pas très moral mais habituel comme procédé. Il ya toujours un risque que cela se termine comme cela. 

Il reste que le seul vrai moyen de sauver les retraites sans plomber le coût du travail (donc l'emploi), ni ruiner les retraités, c'est de travailler plus longtemps... Comme cela se fait d'ailleurs partout ailleurs en Europe.

Mais bon, "un mensonge a le temps de faire le tour de la Terre le temps que la vérité mette ses chaussures", disait Mark Twain. Vous connaissez le nouveau nom pour "tour de la Terre" ? "Conférence de financement".

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