Il va être difficile pour Emmanuel Macron de prétendre que les municipales ne comptent pas. Le président de la République tente d’enjamber ces élections. Pour desserrer l’étau médiatique, il a d’ailleurs affirmé qu’il ne tirerait pas de conséquences nationales de ce scrutin municipal.

Les élections municipales s'annoncent calamiteuses pour LREM
Les élections municipales s'annoncent calamiteuses pour LREM © AFP / ELKO HIRSCH / HANS LUCAS

D’ailleurs, a-t-il insisté, même de Gaulle a subi des revers à ces élections. Autrement dit, circulez, il n’y aura aucune défaite personnelle d’Emmanuel Macron à contempler les soirs des 15 et 22 mars. 

Pas de remaniement à prévoir, ni du gouvernement, ni de sa politique.

C’est logique : son parti est jeune et ce ne sont que ses premières élections territoriales… 

On pourrait admettre cet argument si la stratégie de La République en Marche, soit-disant parti d’experts nourris des échecs des quinquennats passés, n’avait pas été aussi nulle.

Dans un premier temps, dans la foulée des européennes, des candidats ont été investis à tour de bras, quitte à se fâcher, comme à Bordeaux, avec des alliés potentiels. 

Après quelques sondages défavorables, LREM a commencé à soutenir des listes diverses, sans stratégie nationale d’alliance. Et l’on passe sur le cas ubuesque de Biarritz où deux ministres s’opposent sur deux listes différentes

Après tant de cafouillages, l’inquiétude de l’Elysée devient réelle

Il suffit d’observer l’agitation de Christophe Castaner. Début janvier, le ministre de l’Intérieur a dégainé une circulaire qui prévoit qu’aucune étiquette politique ne sera plus attribuée dans les villes de moins de 9 000 habitants. 

De quoi brouiller considérablement la lecture de la carte électorale et surévaluer les résultats du parti de la majorité concentré, lui, sur les grandes villes. 

Inutile de préciser que toutes les oppositions tonnent contre ce vilain tour de passe-passe.

LREM n'est de tout manière pas en mesure de pavoiser dans les grandes villes... et surtout pas à Paris ! 

Le sondage Ifop publié hier par le JDD, a mis la majorité en ébullition. 

Anne Hidalgo est donnée en tête avec 25 % d’intentions de vote et derrière elle, la LR Rachida Dati, à 19 %, double le candidat macroniste officiel Benjamin Griveaux, lui-même talonné par le dissident Cédric Villani. 

Un secrétaire d’Etat soutien de Griveaux avouait dès la semaine dernière, je cite, « Oui, on le voit bien venir le mur ».

Le président se pensait machiavélique, pardon au château, on dit "darwinien". Mais en ne choisissant pas entre ces deux marcheurs, il va sans doute réussir l’exploit d’assurer la réélection d’Anne Hidalgo mais aussi de ressusciter la droite à Paris. Et ça, ce sera bien difficile à enjamber.

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