Pas facile de maintenir une vie démocratique en période d’épidémie. Un problème qui concerne aussi nos voisins.

Le vote par correspondance autorisé hier... mais pas pour tout le monde
Le vote par correspondance autorisé hier... mais pas pour tout le monde © Getty / Westend61

C’est une info qui est passée, hier, totalement inaperçue. Les députés examinaient la loi qui encadre la prochaine présidentielle. Et, dans ce cadre-là, ils ont décidé d’autoriser le vote par correspondance… mais pas pour tout le monde ! Pour une catégorie bien particulière de citoyens : les prisonniers ! 

En 2022, les détenus pourront glisser le nom de leur champion dans une enveloppe et hop, ce sera comptabilisé. Autant dire que cela ne concerne pas grand monde. Voilà, c’est tout pour les changements des règles électorales. 

C’est quelque part incompréhensible. Dans un pays qui s’est déjà déchiré sur la tenue des municipales en juin dernier et qui se divise à nouveau, en ce moment, sur le calendrier des régionales et des départementales. 

Officiellement, ces élections sont prévues pour juin prochain.

Ces deux scrutins ont déjà été reportés à cause de l’épidémie. Ils doivent se tenir en juin. Sauf que la rumeur monte d’un nouveau report. Cette fois, à après la présidentielle.

Le parti communiste a dit que cela ne le choquerait pas. Et beaucoup de macronistes sont pour cette solution. Ils avancent des raisons  sanitaires. D’autres semblent au passage vouloir éviter une défaite qui ferait mauvais genre avant la présidentielle.

En tout cas, cela fait écho à ce qu’a dit Jean-Louis Debré. L’ancien président du conseil constitutionnel est l’auteur du rapport qui a conduit au premier report des régionales. Or, au sénat, lors d’une audition, il y a quelques jours, il a affirmé que l’exécutif voulait le pousser à tout reporter à après 2022 !

De leur côté, les Républicains, les socialistes et les écolos ne veulent pas entendre parler d’un tel calendrier. Il faut dire qu’ils misent beaucoup sur ces régionales pour afficher des victoires. 

Pourrait-on reporter aussi la présidentielle si l’épidémie dure ?

C’est la question qui finira pas se poser.  Bref, si on veut éviter ce scénario catastrophe, il est grand temps d’adapter les règles

Je rappelle que les Portugais votent ce dimanche pour la présidentielle. Ils sont en plein confinement et cela ne les empêche pas, par exemple, de voter par anticipation… pour éviter les files d’attente. 

On pourrait aussi voter par correspondance, on pourrait modifier le code électoral et autoriser exceptionnellement, les spots publicitaires. En un mot,  innover, au lieu de passer notre temps à mettre notre vie démocratique sous cloche.

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France