Par Marcelo Wesfreid

Nouveauté, cette année : le Conseil supérieur de l'audiovisuel, le fameux CSA, va veiller au pluralisme, pas seulement pendant la présidentielle, mais aussi, pendant les primaires.

En 2012, le CSA avait fait ses décomptes de temps de parole. Et qu'est ce qu'il avait trouvé ? Que les chaines de télé et les radios avaient sur-traités Nicolas Sarkozy et François Hollande. On ne voyait qu'eux ! Du coup, il avait tapé du poing sur la table. Les médias s'étaient fait taper sur les doigts.

En 2016, le CSA étend ses inspections. Il va désormais surveiller les médias, dès la primaire. Il va regarder comme les candidats d'un même parti sont traités par les télés et les radios. Est-ce qu'il y a des chouchous à France Inter ou sur TF1 ?

Si les chaînes diffusent tous les meetings d'Alain Juppé, mais aucun de François Fillon, il y aura des réprimandes.

Surtout, les candidats pourront saisir eux même le CSA. J'imagine très bien Arnaud Montebourg, le bouillonnant Montebourg, réclamant un rééquilibrage face à François Hollande. Bref, le CSA va avoir du pain sur la planche avec deux primaires en perspective : celle de la droite et donc maintenant aussi, celle du PS.

La règle d'or pour savoir si une personnalité mérite plus de place dans les médias c'est le principe d' «équité». Le CSA sait bien qu'il y a des gros et des petits candidats. Il ne met pas tout le monde sur le même plan. Mais il veille à ce que chacun ait une place proportionnelle à son importance. C'est calculé à partir des sondages, des résultats électoraux antérieurs et de la place dans la campagne. C'est finalement assez subjectif.

Du coup, le CSA va être accusé d'être partial. D'autant que son président, Olivier Schrameck, a été nommé par François Hollande. C'est l'ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin à Matignon. Lui, il jure qu'il n'a jamais reçu un coup de fil de la part du chef de l'Etat. Et qu'il n'est l'agent d'aucun réseau.

Il y a actuellement des élus de droite – on n'a pas voulu me donner les noms – qui prennent rendez-vous au CSA, pour bien comprendre le mécanisme. Ils se rendent discrètement au siège, dans le XVème arrondissement de Paris. Au dernier étage d'une tour, en bord de Seine.  Cela s'appelle n'oublier aucun détail.

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