Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire peine à trouver sa place dans la majorité. Certains marcheurs s’en méfient. Mais ça pourrait bien changer...

Par Marcelo Wesfreid

Bruno Le Maire aurait dû être le chouchou. Il avait tout pour ça. Il a fait campagne dans la primaire de la droite sur le renouveau. « Le renouveau c’est Bruno ». C’était son slogan. Du Macron avant l’heure ! Ensuite, Le Maire est le premier poids lourd à avoir rejoint En Marche. Sous les huées de ses camarades qui le traitaient de « traitre ».  

Et pourtant, ce n’est pas ça... Il y a de la distance. Les élus de la majorité le soupçonnent d’avoir des ambitions personnelles. Certains le trouvent un peu hautain, avec son côté surdiplômé (normale sup, sciences po, agrégation, ENA : excusez du peu).  Et lui, il est très souvent en déplacement, à Bruxelles ou à Berlin. Donc, pas là pour lever les doutes.

Est-ce qu’il faut y voir un signe ? Sa première loi vient seulement d’être présentée, lundi dernier, en conseil des ministres. Elle passera à l’Assemblée, cet automne. Pas avant. Elle n’a pas arrêté d’être reportée. Comme si ce n’était pas une priorité…

Cette loi va-t-elle être l’occasion de combler son déficit d’image ?

Oui, il va pouvoir recevoir des députés. Ce que fait d’ailleurs très bien son voisin de Bercy Gérald Darmanin, qui lui a une cote d’enfer dans la majorité. Le Maire va aller à l’Assemblée et dans les médias défendre sa loi, une loi un peu fourre-tout, mais qui comporte quelques mesures assez populaires comme l’intéressement et la participation dans les petites entreprises. 

Plus sensible : les privatisations. Elles sont dans sa loi. Vous savez : La Française des jeux et Aéroports de Paris… Il y a en a pour 10 ou 15 milliards d’euros. L’enjeu pour Le Maire sera de ne pas passer encore plus pour l’aile droite du gouvernement, il a déjà cette image. Surtout après la polémique sur les aides sociales, où il a admis qu’on pouvait les réduire.

Qu’en pense Emmanuel Macron ?

Il a intégré Bruno le Maire dans son premier cercle en janvier. Les dîners du lundi soir à l’Elysée. Il s’est beaucoup appuyé sur lui pour préparer le sommet d’hier avec Merkel, où il a été question de convergence fiscale et de budget de la zone euro, une idée chère à Macron. Les rapports sont un peu plus compliqués, en revanche, avec le premier ministre Edouard Philippe…

Et pourtant les deux hommes ont deux points communs. Ils viennent de la droite ET ils écrivent des livres. Bruno le Maire en prépare encore un. Une fiction, on n’en connaît pas le sujet. Ce sera peut-être l’histoire d’un mal aimé ou d’un incompris. Qui sait…

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