Finalement, ce sera après les élections européennes de dimanche que François Hollande présentera son projet de réforme des collectivités territoriales. Cette réforme sera-t-elle vraiment si différente de celle de Nicolas Sarkozy ?

françois hollande consulte sur la réforme territoriale
françois hollande consulte sur la réforme territoriale © reuters

Eh bien non. Je ne vais pas entrer ici dans les détails mais il est très probable que la réforme de l’ancien président qui prévoyait la création d’un conseiller territorial – réunissant conseiller régional et général- revoie le jour sous une forme très proche. Un éminent responsable du Parti socialiste qui a pu en parler avec François Hollande explique sans trop se faire prier que ce serait la même réforme mais… à l’envers. On fait la même chose, mais pour ne pas dire que l’on reproduit à l’identique, on prend l’idée à rebours. En gros, au niveau des départements, on pourrait avoir des assemblées d’élus émanant des régions.

Alors pourquoi ne pas avoir conservé l’ancienne réforme ? Par dogmatisme et par une volonté jusqu’au-boutiste de rupture politique. François Hollande aurait pu s’épargner une réforme qui s’annonce compliquée et montrer qu’il n’était pas le président d’un camp, mais celui du consensus. François Hollande a perdu du temps et en a fait perdre au pays. Et il est sorti difficilement de ses errements.

Rendez-vous compte que le mode d’élection des conseillers départementaux, ceux-là même que l’on va bientôt supprimer, a fait l’objet d’un texte de loi… déjà caduque ! Un vrai gâchis.

Le 18 janvier François Hollande déclarait encore sa flamme aux départements. Ecoutez c’était lors de ses vœux aux Corréziens:

Pourquoi cette déclaration qui va à l’encontre de la réforme annoncée ? A cause de regards. Juste après cette cérémonie, un ami de François Hollande est allé le voir et s’est étonné de la teneur de ses propos devant les Corréziens. Pourquoi ? lui a-t-il demandé. Réponse d’un François Hollande attendri: « parce que j’ai vu dans leurs yeux qu’ils attendaient de moi que je leur dise cela ».

L’histoire n’aurait pas la même saveur, un peu amère tout de même, si François Hollande n’avait pas confié sa conviction qu’il faudrait un jour en finir avec la subdivision actuelle. Un formidable et triste exemple de double langage.

Le texte à venir ne sera donc qu’une simple session de rattrapage pour François Hollande… Il sera en effet difficile au Président de capitaliser sur cette réforme et d’en faire le symbole de la relance de son quinquennat, puisque la question lui reviendra sans cesse : pourquoi avoir défait ce que vous refaites aujourd’hui ?

Sans compter que faute de pouvoir convoquer les parlementaires en congrès ou d’organiser un référendum – car à moins d’un miracle l’exécutif sera minoritaire dans les deux cas-, le changement risque d’être imparfait, inabouti. Bref, pour marquer sa volonté réformatrice d’ici 2017 et se refaire une santé politique, François Hollande devra se trouver une autre planche de salut. Celle-ci est déjà vermoulue.

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