Par Charles Jaigu, journaliste au Figaro.

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La droite bataille contre la réforme du collège. Bruno Le Maire en aurait il pris le leadership?

Il est vrai que Le Maire s’est imposé comme le leader de la contestation à droite sur ce sujet. Il a réagi très vite contre ce projet de réforme, alors que par exemple deux anciens ministres de l’Education, François Fillon et Luc Chatel sont restés plus en retrait. Pour le moment Le Maire est le plus réactif de sa génération. C’est ce qu’il a fait en annonçant sa candidature pour la présidence de l’UMP l’année dernière. Et c’est ce qu’il vient de réussir en lançant une pétition qui rassemble 26 000 signataires, dont 250 parlementaires à droite.

N’est-il pas en train de devenir l’outsider le plus sérieux de la course aux primaires de 2016?

Il a choisi la stratégie la plus réactive. Pour le moment, à droite, les trois principaux prétendants aux primaires suivent une autre méthode. Celle de François Fillon ne tient pas compte de l’actualité , il dévoile tous les trois mois ses propositions, ce qui le rend peu audible mais mieux préparé. Celle de Juppé est au contraire d’attendre le plus tard possible avant de dévoiler ses batteries – il devrait d’ailleurs, c’est un scoop, publier deux livres différents sur son projet après l’été.

Enfin, il y a la méthode Sarkozy , qui a pris la tête du parti et dénoncer tout ce que propose le gouvernement et ne parlera du projet qu’après que les autres seront sortis du bois. Pour le moment, les deux favoris de la droite sont Sarkozy et Juppé. Est-ce que ces deux là peuvent être bousculés? C’est tout le pari de Le Maire. Et il suffit de lire les derniers sondages pour comprendre que les Français ne veulent pas voir revenir encore une fois les mêmes au pouvoir, qu’il s’agisse de Sarkozy, Juppé, ou Hollande. Il a donc raison de penser qu’une surprise est possible. Mais ça reste un pari très incertain car les Français sont très schizophrènes sur ces questions. Ils réclament de nouvelles têtes, mais les sondages montrent aussi qu’ils continuent de préférer malgré tout les plus âgés dans le grade le plus élevé ! Donc pour le moment, Le Maire n’est qu’un outsider pour la primaire… Oui, et notamment parce que la menace du Front national devrait donner l’avantage à Sarkozy ou Juppé, ceux qui ont le plus d’expérience et l’autorité dans ces combats. Et d’ailleurs Sarkozy n’est pas le plus contrarié par la montée de Le Maire, qui prendra surtout des voix à Alain Juppé, à qui il ressemble. Un sarkozyste me le disait hier, « Bruno fera un très bon ministre de l’Education ».

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