Il reste une semaine aux candidats des Européennes pour convaincre les Français : derniers débats, derniers meetings. Et pas seulement en France. Ainsi Marine Le Pen a participé à un rassemblement des partis d’extrême-droite organisé samedi, à Milan, par Matteo Salvini, le vice-premier ministre italien.

Marine Le Pen, présidente du RN
Marine Le Pen, présidente du RN © Getty / Chesnot

La liste RN menée par Jordan Bardella peut-elle sortir de l’isolement sur la scène européenne ?

A en croire Marine Le Pen, oui, ça y est, le Rassemblement national a plein d’amis européens. « Nous aurons un super groupe au Parlement européen », répète l’ex-candidate à la présidentielle.

Il est vrai que le RN peut compter sur une dizaine de partis alliés, comme bien sûr la Ligue de Matteo Salvini. Ces formations d’extrême-droite se rêvent déjà en arbitres incontournables sur de nombreux textes.

Ça, c’est pour la théorie. Parce que dans la pratique, Marine Le Pen a un souci, c’est qu’elle suscite toujours un certain rejet, même à la droite de l’échiquier européen.

Quels sont les partis populistes qui résistent encore à Marine Le Pen ?  

Le problème de la droite souverainiste européenne, c’est qu’elle est aussi unie que les organisations de jeunesses trotskistes au lendemain de mai 68. Autant dire qu’on ne s’apprécie pas trop. 

« Je n’ai rien à voir avec Marine Le Pen », a récemment déclaré Viktor Orban, le très droitier Premier ministre de la Hongrie. 

Les Polonais de Droit et Justice sont également hostiles à toute alliance avec Jordan Bardella et ses amis. 

C’est pour ça que Marine Le Pen explique maintenant qu’elle va créer un groupe « sans Polonais ni Hongrois » avant d’élargir. Sauf que ça fait à peu près vingt députés en moins, donc pas du tout la même limonade pour peser sur les débats.
 

Avec cette stratégie d’alliance, Marine Le Pen peut-elle malgré tout influer sur les votes au Parlement européen ?

L’autre problème de Marine Le Pen, c’est que les institutions européennes fonctionnent sur le modèle du compromis. On négocie avec tous les groupes, chacun met un peu d’eau dans son vin, et les textes sont votés largement. Ce système laisse peu de place  aux groupes à la stratégie purement contestataire, comme celle que mène le Rassemblement national à Bruxelles depuis cinq ans. 

L’année dernière, Jean-Marie Le Pen exprimait son désappointement sur ses trente-cinq ans au Parlement européen, de cette façon : « Le souvenir que j’emporte de cette maison est un sentiment d’inutilité ». Un constat qui peut en entraîner un autre : depuis que le RN constitue la première délégation française au Parlement européen, sa marginalisation entraîne une perte d’influence tricolore dans les instances.

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