Depuis une semaine les initiatives en faveur d’un rassemblement de la gauche se multiplient. Est-ce une dynamique nouvelle à laquelle nous assistons ?

Sauf la France Insoumise à l’offensive dès les premiers mois du quinquennat, c’est vrai que les partis de gauche se réveillent depuis peu. 

Ils s’étaient déjà ébroués lors de « feu » la réforme des retraites. Mais plutôt en ordre dispersé. Aujourd’hui, c’est une volonté de se rassembler qui semble poindre. On a pu voir, ces derniers jours, les départements de gauche unir leurs voix pour réclamer plus de décentralisation. 

Plus de 150 responsables de gauche ont signé une tribune baptisée « Construisons l’avenir ». Et parmi les signataires, il y avait l’écologiste Yannick Jadot, le numéro Un du PS, Olivier Faure, des communistes ou encore des membres de Génération.s, le mouvement créé par Benoît Hamon… Et puis, Julien Bayou, le leader des Verts, a lancé, lui aussi, un appel en faveur d’une Université commune pour cet été… 

On n’avait pas vu un tel enthousiasme depuis longtemps

C’est même inédit depuis que François Hollande, alors à l’Elysée, a négocié en 2014 un tournant considéré comme socio-libéral par les frondeurs socialistes, le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et certains écologistes. Mais aujourd’hui, les temps ont changé. Avec les réformes libérales d’Emmanuel Macron et des lendemains post pandémie qui s’annoncent dramatiques au plan social, les partis de gauche estiment qu’un espace politique s’ouvre à eux. Des questions comme le rétablissement de l’ISF, les nationalisations ou une plus grande planification, retrouvent un certain écho. Autant de raisons d’y croire, donc. A moins que les leaders de gauche ne recommencent à désespérer Boulogne Billancourt … 

Ces appels à l’union risquent de faire « pschitt » 

Car malgré la bonne volonté de certaines de ses figures de proue, la gauche demeure éclatée. La France Insoumise continue à faire cavalier seul. Et même si elle dit tendre la main à qui voudra la saisir, pas question pour elle de s’unir, je cite, à un PS social démocrate. En outre, et les municipales viennent de le démontrer, il y a une course au leadership entre les Verts et le PS. Sans parler des dissensions internes à chacun des partis… 

Enfin, à quel électorat doit s’adresser la gauche quand on sait que désormais le premier parti ouvrier est … le Rassemblement national ? A la question « qui pourrait reconstruire la gauche ? », un ancien ténor socialiste me répondait, il y a quelques semaines : « celui ou celle qui pourrait le faire n’est peut-être pas encore né. Mais le pire pour moi, c’est qu’il est peut être déjà mort… » 

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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