A trois jours des municipales LE gagnant des élections municipales sera... le Front national !

Vous verrez que dimanche soir, les commentaires des spécialistes électoraux diront que ce scrutin municipal enregistre une forte poussée du FN.

le front national vise dix à quinze municipalités
le front national vise dix à quinze municipalités © reuters

Comment pourrait-il en être autrement ? Le climat des affaires lui a toujours été propice.

De ce point de vue, les quinze jours qui viennent de s’écouler l’ont bien servi. L’abstention qui s’annonce élevée profite toujours au parti qui mobilise le plus et donc en l’occurrence au FN. Enfin le dernier scrutin municipal a été particulièrement mauvais pour ce parti.

En 2008, un an après que Nicolas Sarkozy a siphonné ses voix à la présidentielle : il a du mal à présenter des listes partout et au final n’a que 64 élus ! Comparativement, le scrutin de 2014 apparaitra donc comme une victoire pour lui, puisqu’il progressera en nombre de conseillers municipaux, gagnera aussi des villes.

Avec les triangulaires, le FN sera en mesure d’empêcher la droite de gagner des villes et au jourd’hui, si l’on en croit les sondages, la poussée du FN permettra à l'UMP de se maintenir dans plus de 200 villes !

Prenez le cas d’Amiens où le FN est crédité de 14%des suffrages. Il peut évidemment se maintenir au second tour et priver l’UMP d’une victoire.

C’est d’ailleurs le fait nouveau de ce scrutin : le taux de reconduction du vote FN entre les deux tours est très élevé . D’habitude, les électeurs de Le Pen protestaient au premier et pour la plupart revenaient à de meilleurs sentiments au second. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, ils ne veulent plus donner leur voix à d’autres partis. Du coup, la gauche se frotte les mains, comme Pascal Canfin, le ministre qui se réjouit de cette perspective. Ecoutez-le c’était la semaine dernière sur LCP :

Pascal Canfin n'a pas tout à fait raison de se réjouir des triangulaires. Il devrait se méfier parce que dans certaines villes, la gauche risque de se retrouver dans la même situation que l’UMP.

Exemple à Béziers : selon les sondages, le candidat FN est en tête au premier tour, devant celui de l’UMP.

Le PS arrive en troisième position. S’il se maintient, Robert Ménard, soutenu par le FN, est quasiment assuré de l’emporter ! Il devrait donc se retirer. Mais à ce moment-là le PS n’aura pas d’élus au conseil municipal de Béziers… à moins de fusionner sa liste avec celle de l’UMP ! Vous imaginez le casse-tête des dirigeants de la rue de Solferino, sachant qu’à Fréjus le même cas de figure se représente.

Voilà pourquoi le parti de Marine Le Pen, dimanche soir, sera le grand vainqueur du scrutin, réussissant à nouveau à faire tourner la vie politique autour de son parti.

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