Il y a un candidat qui ferait bien de jouer au Loto, c'est Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Eric Feferberg

Par Nathalie Schuck.

Est-ce que vous connaissez l'expression fétiche de Nicolas Sarkozy ? « La baraka fait partie de la bonne gestion ». Cela pourrait devenir aussi celle d'Emmanuel Macron. Parce qu'on a rarement vu un candidat avec une chance aussi insolente et un tel alignement de planètes. Même ses proches n'en reviennent pas. Comme ils disent : « Emmanuel a un contrat avec la providence ! »

Imaginez un peu ce qu'aurait donné sa campagne si François Hollande n'avait pas renoncé à se présenter, si Manuel Valls avait été le candidat du PS à la place de Benoît Hamon, ou si Alain Juppé avait gagné la primaire de la droite en enrôlant François Bayrou à ses côtés ?

Même quand une tuile lui tombe dessus, Macron s'en sort indemne. Prenez le 25 janvier : on apprend dans le livre Dans l'Enfer de Bercy qu'il aurait utilisé 120.000€ de frais de représentation à Bercy pour sa future campagne. Mais pschitt, comme dirait Jacques Chirac ! Le même jour, le Canard Enchaîné dégaine le fameux Penelopegate. Rebelote le 14 février: Macron commet une « macronade » digne de la « bravitude » en qualifiant la colonisation de « crime contre l'humanité ». Énorme polémique. Huit jours plus tard, Bayrou lui sauve la mise avec son ralliement surprise... Cette semaine encore, Macron aurait pu se retrouver englué dans une obscure affaire autour d'un de ses déplacements de ministre à Las Vegas. Mais il n'y en a que pour les costumes de Fillon. Comme dit un cadre du PS: « Macron, c'est le grand Houdini ».

Macron, croit-il en sa bonne étoile? En tout cas, ça fait des années qu'il pense que les astres vont s'aligner pour le conduire sur la route de l'Elysée. Alain Minc, qui le connaît bien, raconte que Macron, tout jeune, l'avait estomaqué par son ambition en lui clamant au visage : « Un jour, je serai président de la République ». Alain Minc, encore lui, m'avait raconté cette anecdote il y a deux ans.

Un jour qu'il croise Macron, il lui lance : « En 2017 je voterai pour Juppé ; en 2022 je voterai pour Valls ; et en 2027 je voterai pour toi ». Réponse de Macron, très sûr de lui, déjà : « Alors je vais accélérer ». Bref, on aurait tort de le prendre pour un bleu très chanceux. Ça fait longtemps que Macron travaille à son destin présidentiel. Longtemps qu'il pense que les partis sont morts et que les primaires sont une erreur. Comme me disait un proche de François Hollande, qui l'a vu grandir dans l'ombre du président : « Plus que du bol, Emmanuel a surtout eu un très bon professeur ».

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