Officiellement, ils sont les chouchous d’Emmanuel Macron. Selon le chef de l’Etat, les jeunes sont sa priorité des priorités. Mais faut-il vraiment croire le président ?

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © Radio France / Anne Audigier

Jannick Alimi. 

C’est en tout cas l’argument que ne cessent de mettre en avant Emmanuel Macron et le gouvernement pour dégoupiller la grenade qu’ils n’avaient pas vu venir : celle des retraités. « Si on vous demande de payer la CSG, ce n’est peut-être pas pour votre bien mais pour celui de vos enfants et de vos petits-enfants », martèlent-il tel un mantra. Sauf que ça ne convainc ni les retraités, en tout cas pas tous, ni, surtout les jeunes. Un député La République en marche, pourtant très proche de l’Elysée, me confiait  : « On sous estime, y compris au plus haut niveau, le malaise jeune. Il est temps que le gouvernement se reprenne. »

La situation des jeunes a-t-elle vraiment empiré depuis qu’Emmanuel Macron est à l’Elysée ? 

Au bout de 9 mois de présidence on ne peut pas dresser un bilan aussi catégorique. Mais, il est vrai que beaucoup dans les rangs de la macronie se rendent compte que la baisse des APL ou la sélection en douce à l’entrée des universités, ça laisse des traces. Une prise de conscience avec effet retard car les relais d’En marche dans le pays restent faibles. Peu d’élus locaux et pas encore l’équivalent du Mouvement des Jeunes socialistes qui pendant des décennies a été le sésame du PS dans le monde estudiantin. 

Les Jeunes avec Macron ont tenu leur première convention ce week-end mais ce sont plutôt des ambassadeurs des réformes de l'exécutif sur le terrain que des fils conducteurs de la base vers le sommet.

Les jeunes pourraient-ils entrer en opposition frontale à Macron ?

Faut-il se préparer à un « Mai 2018 » ? Qui pourrait l’affirmer ? En revanche, que les jeunes s’abstiennent ou votent aux européennes ou aux municipales contre le parti du président, c’est possible. L’an dernier, les jeunes de 18-24 ans ne s’étaient-ils pas tournés en grande majorité, vers Jean-Luc Mélenchon  et dans une moindre mesure vers le FN ? Alors taxé déjà d’être le président des riches, et en rupture potentielle avec les jeunes et les retraités, à la place d’Emmanuel Macron je commencerais effectivement à m’inquiéter.

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