Depuis décembre 2017, Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat à Bercy, a pour mission de mener à bien l’une des réformes clés voulues par Emmanuel Macron, celle de la fonction publique. Une réforme explosive !

Par Jannick Alimi 

Pour l’être, elle l’est ! Elle prévoit une refonte des institutions représentatives du personnel mais surtout le développement de l'emploi contractuel et plus de flexibilité en matière de réductions du nombre de fonctionnaires. Un tabou hautement inflammable !

Olivier Dussopt, ex député socialiste, a été nommé pour ça ! Avec la bénédiction du chef de l’Etat et l’imprimatur d’Edouard Philippe, le Premier ministre, et des deux ministres de Bercy, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, tous trois, issus de la droite. Une droite juppéiste et sarkozyste pour qui l’amaigrissement de l’Etat est une obsession. 

Une ligne d’horizon vers laquelle cingle Olivier Dussopt. Et ce, malgré les flots tumultueux des Gilets jaunes mécontents notamment de la raréfaction des services publics. 

Le ministre fait preuve de prudence quand même ?

Pas tant que ça ! 

C’est vrai que la concertation a pris plus de temps que prévu.

C’est vrai qu’Olivier Dussopt, ancien élu local lui-même et ex président de l’Association des petites villes de France, n’a pas ménagé ses efforts et s’est déplacé lui-même sur le terrain, de l’Ardèche à la Loire Atlantique.

Mais aujourd’hui, le texte gouvernemental est soumis au conseil d’Etat. Et il devrait être examiné en conseil des ministres le 27 mars. Or, l'exécutif, crise des Gilets jaunes ou pas, n'a pas dévié de sa ligne. 

Et malgré plus de 250 amendements, notamment de la CFDT et de l’UNSA, aucune modification majeure n'a été apportée au texte gouvernemental..
 

Comment l’analysez-vous ? 

Tout dépendra du résultat. Si la réforme ne déclenche pas de grève et prouve son efficacité, ce sera du courage. Mais pour les organisations syndicales c’est tout le contraire. De la déconnexion, du temps perdu et surtout totalement contre-productif. 

Ce qui est sûr, ce n’est pas que l’exécutif ne tire pas les leçons de la crise des Gilets jaunes et du grand débat, c’est que l’une des leçons qu’il tire c’est le ras-le-bol fiscal et le souhait de beaucoup de Français de réduire non pas les services publics mais le nombre de fonctionnaires. Ça tombe bien, c’était l’une des promesses du candidat Macron qui, décidément, n’est pas près de changer de cap...

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