L'hypothèse « Martine Aubry à Matignon » fait son chemin.

martine aubry plébiscitée par la gauche, selon bva
martine aubry plébiscitée par la gauche, selon bva © reuters

Figurez-vous que les sympathisants de gauche sont persuadés qu’elle ferait mieux que François Hollande, à 59%. Ils sont même 88% à avoir une bonne opinion d’elle , d’après l’institut BVA pour Le Parisien. C’est une côte de popularité très élevée par les temps qui courent.

Pour expliquer cette popularité au zénith de Martine Aubry, je vais convoquer Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy. Vous allez vite comprendre : lorsque DSK est parti au FMI, il est devenu le grand favori pour 2012. Il ne disait rien, il ne s’exprimait pas sur la politique nationale. Pourtant, sa côte montait en flèche. Un peu comme Nicolas Sarkozy aujourd’hui. L’ancien président ne commente pas l’actualité, ne donne pas son avis sur François Hollande. Bilan : il apparaît plus désirable que Copé ou Fillon pour la présidentielle de 2017. C’est sur que c’est plus facile de ne pas s’abimer quand on ne prend pas de risques. C’est peut-être injuste, mais c’est comme ca. Martine Aubry l’a très bien compris.

Or, on ne l’entend pas du tout ! À part quelques communiqués ici ou là, qui concernent souvent la culture, sa véritable passion. Et puis, dernièrement sa défense des salariés de la Redoute, Martine Aubry est aux abonnées absentes.

A tel point qu’après la remise des PS d’or fin août -tous les journalistes qui suivent la gauche votent pour établir un palmarès du meilleur et du pire– et bien vous savez ce qu’un ministre a dit : « C’est Martine Aubry qui aurait dû gagner le prix du planqué d’or de l’année ! »

Martine Aubry va tout faire pour être réélue maire de Lille en mars. Elle est favorite, cela devrait être une formalité. Ensuite, son nom circule pour remplacer Jean-Marc Ayrault à Matignon. La dame des 35 heures pourrait rassurer le peuple de gauche bien plus que Manuel Valls, trop marqué à droite. Elle est perçue comme un féministe, aux engagements écolos, qui œuvre pour le renouvellement de la classe politique. (C’est elle qui s’est battu pour le non cumul des mandats dont François Hollande ne voulait pas.) D’ailleurs, son image de femme de gauche ne correspond pas forcément à la réalité de son action politique. À Lille, elle n’a pas hésité à s’allier avec le Modem.

Mais enfin, si François Hollande veut se réconcilier avec son électorat, très perturbé par sa politique, elle pourrait être une carte à jouer.

Sauf qu’ils ne peuvent pas se supporter ! Hollande président, Aubry Premier ministre, ce serait une cohabitation au sommet de l’Etat. Ils ne peuvent pas se supporter sur la forme, ils ont des grandes divergences sur le fond. L’affrontement pendant la primaire en 2011 avait été violent.

Martine Aubry accusait Hollande d’être dans le flou, mais pas seulement. Ecoutez là, c’était lors d’un débat sur BFM et LCP début octobre 2011 :

Voilà, rien ne dit qu’elle a changé d’avis depuis. Mais du côté de François Hollande, rien n’est à exclure. On le sait, le Président n’est pas un affectif, les sentiments pour lui n’ont rien à faire en politique. C’est un animal de sang froid, un grand pragmatique. Si, un jour, il pense que Martine Aubry est la meilleure pour Matignon, alors Martine Aubry ira à Matignon.

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