Voila une nouvelle étincelle qui est en train de mettre le feu aux poudres à gauche : la question de la primaire au PS en vue de 2017 et c’est encore une mauvaise nouvelle pour François Hollande ?

Les primaires
Les primaires © Radio France - Ranson

D’abord petit rappel : la primaire, c’est ce que le PS avait organisé en 2011 pour désigner son candidat à la présidentielle. Souvenez-vous : n’importe qui pouvait, contre un euro, venir voter pour désigner le socialiste qui affronterait Sarkozy. C’est François Hollande qui l’avait emporté. Pour 2017, personne n’avait encore osé mettre vraiment le sujet sur la table… Parce que la gauche est au pouvoir, et que donc, logiquement, François Hollande devrait se représenter pour un deuxième mandat…

Et puis voilà, un membre du gouvernement a mis les pieds dans le plat lundi. On va l’écouter, c’estThierry Mandon, secrétaire d’Etat à la simplification, sur Public Sénat :

Il n’est pas le seul à le dire, je pense à quelqu’un comme Julien Dray, ou à l’aile la plus à gauche du PS. Mais le profil de Thierry Mandon est intéressant : ce n’est pas un frondeur, il ne parle pas en opposant à François Hollande. Il est même persuadé que la politique du Président va porter ses fruits.

Pourquoi mettre des bâtons dans les roues de François Hollande ?

Mandon, c’est un proche d’Arnaud Montebourg, avec qui il a beaucoup travaillé dans le passé. En 2011, c’est cette bande-là qui a importé la primaire en France. Avec le président du think tank Terra Nova Olivier Ferrand - qui est décédé depuis - ils avaient fait plusieurs voyages aux Etats-Unis pour s’inspirer du système américain de sélection des candidats.

Ce que pense Thierry Mandon, c’est qu’il faut recommencer à s’inspirer des Américains : là-bas, président sortant ou pas, un politique est toujours désigné candidat par un vote même si c’est une formalité.

Faudrait-il de nouveau organiser un vote ?

L’expérience de 2011 avait été très positive. Plus de 3 millions de personnes s’étaient déplacées pour voter, pas uniquement des électeurs de gauche. Les débats télévisés entre les candidats portaient sur le fond, étaient de bonne tenue. Des piques avaient été échangées… Aubry accusant Hollande d’être mou, mais ce fut suffisamment concluant pour que la droite décide de faire la même chose après avoir critiqué vivement le processus!

La gauche présentait les primaires comme indispensables à la démocratie. Ca va être très compliqué d’expliquer aujourd’hui que ce n’est plus nécessaire . Du coup, certains ont un peu l’impression d’avoir accouché d’un monstre qui se retourne contre eux. Parce que vue la popularité catastrophique de François Hollande, ce qui devrait être un débat très intéressant sur l’évolution de notre système va fatalement se transformer en remise en cause de sa légitimité.

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