C’est la crainte de tous les gouvernants : que la jeunesse descende dans la rue. Or, cela pourrait bien arriver le 5 décembre.

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © Getty / Chesnot

Le 5 décembre et pourquoi pas les jours suivants ?

Les facultés sont sous tension depuis la tentative de suicide d’un étudiant à Lyon, un acte clairement revendiqué pour dénoncer la précarité d’une partie du monde estudiantin. Des AG doivent se tenir cette semaine, et notamment dans les deux facultés qui sont un peu le baromètre de la mobilisation des jeunes, Tolbiac à Paris et Rennes 2. 

Si l’on ajoute la réforme des retraites qui crisperait encore plus les jeunes si elle ne devait s’appliquer qu’aux nouveaux entrants sur le marché du travail, c’est-à-dire les jeunes, avec la fameuse « clause du grand-père », on comprendra pourquoi, au sein de l’exécutif on a la gorge serrée. 

Comme disait déjà François Mitterrand dans les années 80, "il y a trois choses dont on doit se méfier, les charbonnages – pratiquement disparus aujourd’hui - la SNCF et les jeunes". Ça se passe de commentaire.

Pourtant, on aurait pu croire...

Qu'un président élu à moins de 40 ans et les jeunes étaient faits pour s’entendre.

Un jeune président qui prônait une nation start-up, un candidat qui voulait réformer le modèle social français en augmentant la CSG des retraités afin de favoriser l’emploi et le pouvoir d’achat des jeunes actifs, la greffe aurait pu prendre en effet. Seulement voilà, les "gilets jaunes" ont eu raison en grande partie de cette réforme et ce n’est pas le Service national Universel qui apportera une réponse de fond au malaise, des étudiants et des jeunes en général. 

Mais où se situent politiquement les jeunes ?

Dès l’élection présidentielle de 2017, les jeunes n’étaient pas du côté du leader de La République en Marche. Un tiers environ des 18-24 ans avaient voté Jean-Luc Mélenchon et quelque 20%, la présidente du Front national. 

Aux Européennes, la donne a un peu changé, en faveur des Verts qui ont recueilli un quart des 18-24 ans et un tiers des 25-34 ans. Tandis que le RN attirait 15% des 18-24 ans et LREM 12% seulement des 18-34 ans.

A l’Elysée et dans son entourage, on est décidé à se saisir du problème. En faisant un gros effort, notamment sur le logement des étudiants.  Et en insistant aussi sur l’environnement, source de mobilisation majeure pour les jeunes. Car, l’exécutif a gravé dans sa mémoire la colère déclenchée par le CPE et qui en mars 2006 avait forcé le gouvernement de Dominique de Villepin à battre en retraite. 

Le chef de l’Etat et son Premier ministre savent pertinemment que contrairement à ce qu’écrivait le sociologue Pierre Bourdieu, la jeunesse n’est pas seulement un mot.

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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