Par Eric Decouty.

Il reste six mois avant l’élection présidentielle et certains, notamment dans la majorité, prédisent à François Hollande le pire semestre de son quinquennat.

Et ils ont sans doute raison, car François Hollande a beau, ces derniers jours, faire à peu près comme si de rien n’était, ses six prochains mois à l’Elysée s’annoncent comme un véritable chemin de croix. Et si je ne dirais pas comme Arnaud Montebourg que la fin « s’annonce crépusculaire », elle n’a jamais semblé aussi sombre, et ce pour deux raisons.

Tout d’abord sur le plan strictement politique. Depuis la sortie du livre des petites confidences présidentielles aux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande a perdu la dernière autorité et peut être même la dernière légitimité qu’il avait sur son quarteron de fidèles.

Savez-vous, par exemple, que la semaine dernière, Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture et porte-parole du gouvernement, était tellement remonté contre le bouquin, qu’il a – selon les dires d’un très proche – pris son téléphone et « passé un savon » au Président de la République. Comme dirait François Fillon, imagine-t-on un simple ministre mettre une soufflante au Général de Gaulle ou à François Mitterrand ? Evidemment non.

En réalité c’est un roi nu et désormais presque sans cour qui va présider aux destinées de la France jusqu’en mai prochain.

Et cette situation risque d’avoir d’autres conséquences. C’est la deuxième raison qui fait que les six prochains mois s’annoncent très compliqués. Face à un pouvoir terriblement affaibli et une autorité présidentielle déliquescente on risque fort de voir se multiplier les revendications catégorielles et tout le simplement des expressions diverses du ras-le bol. A ce titre les policiers, avec les manifestations qui s’enchaînent sont de véritables lanceurs d’alertes du climat ambiant.

Chacun sait que cette contestation policière n’est pas dénuée d’arrières pensées politiques et que le Front National compte bien faire son miel de la situation. Mais il y a une profonde exaspération chez des policiers épuisés avec de moins en moins de moyens et à qui on demande de plus en plus… Et surtout on voit bien que le gouvernement est depuis quelques jours incapable de calmer cette colère.

Hier un cadre socialiste m'a confié toute sa résignation :« aujourd’hui c’est les flics demain ça sera les profs qui en auront ras le bol de se faire agresser devant leurs lycées, et on est incapable de leur répondre. Et ce nesera pas la parole présidentielle qui les calmera, au contraire. »

Les six mois s’annoncent donc très longs. "Putain six mois", comme aurait dit la marionnette d’un autre président de la République

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