Actuellement, on voit souvent les mêmes invités, les mêmes politiques, qui tournent d’une émission à une autre…

Christophe Castaner
Christophe Castaner © AFP / Bertrand GUAY

Par Marcelo Wesfreid

Pour les gens qui s’occupent de caler des invités politiques pour les émissions, les programmateurs, c’est devenu un vrai casse-tête, un calvaire, même, de trouver des invités. Des gens un peu connus. Qui ne perdent pas leur moyen devant un micro. Qui sont ce qu’on appelle dans le métier des bons clients.

C’est comme si le vivier s’était considérablement réduit. Regardez de plus près, vous verrez. Ce sont à peu près toujours les mêmes visages qu’on retrouve. Semaine après semaine. D’une chaîne à l’autre. Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, par exemple, il est impossible de le rater. Il est sans arrêt invité. D’ailleurs, c’est trop, il le dit lui-même en privé :

Si ça continue comme cela ma voix n’imprimera plus dans six mois.

Côté députés, on peut citer Aurore Bergé chez les macronistes. Chez les mélenchonistes, il y a Alexis Corbière, il y a le brillant Adrien Quatennens, ils sont devenus incontournables.

C’est l’un des effets secondaires du macronisme

La vague électorale du printemps a balayé une foule de vieux routiers de la politique, de piliers de l’assemblée, qui se levaient le matin en préparant leurs petites phrases, qui connaissaient par cœur les jeux médiatiques. On est reparti presque à zéro.

Ceux qui les ont remplacés viennent souvent de la société civile. Ils n’ont jamais participé à la moindre émission. Ils tremblent de faire la boulette qui tournera ensuite en boucle sur internet. Ils ne sont pas pressés de s’exposer dans l’une des innombrables cases audiovisuelles.

Car, c’est tout le paradoxe, il y a moins de bons clients mais il y a toujours plus d’émissions politiques. Rien que le dimanche, j’ai compté six émissions d’interview à la télé et à la radio. C’est énorme.

C'est une période de transition. Et c’est aussi à nous journalistes de renouveler notre carnet d’adresses. Chez les socialistes, on a des profils qui percent comme le député Boris Vallaud. Ou Olivier Faure, aussi, leur président de groupe.

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