C'est une phrase qui a fait polémique dimanche lors de l'interview du président sur Canal+ et qui a fait hurler une partie de la gauche. Hollande qui, évoquant le style de Marine le Pen, estime qu’elle parle comme un « tract du parti communiste des années 1970 ». Qu’a-t-il voulu dire exactement ?

C'est à propos de ces ouvriers du Pas-de-Calais qui votent FN :

Réactions immédiates. Pierre Laurent, le patron du Parti Communiste, veut des « excuses publiques ». Mélenchon parle de « bassesse indigne ». A l’Élysée, un conseiller, hors micro, m'a dit qu'il était « effondré » par ce rapprochement entre FN et PC.

François Hollande
François Hollande © PATRICK KOVARIK / POOL/EPA/MAXPPP / PATRICK KOVARIK / POOL/EPA/MAXPPP

Plusieurs sites internet ont publié dans la foulée d'anciens tracts communistes. Le style est assez inimitable. Il y a celui-là par exemple : «Camarade 2e classe Mitterrand. Direction l'Élysée, en avant Marx ! ». A l'époque, le PCF soutenait un socialiste pour la course à l’Élysée. On est, bien sûr, loin du discours du FN.

Un autre exemple : « D'accord pour une Europe des travailleurs. Mais non à une Europe des financiers ! ». Là encore, on est à des années-lumière de la fermeture des frontières...

Pourquoi le Président fait-il cette sortie?

D'abord, il s'emmêle les pinceaux. Il veut montrer que le FN berne les ouvriers. Mais Hollande finit par mélanger deux histoires, deux cultures. Pendant l'émission, il essaie de se rattraper. Il explique que le PCF, grosse différence, n'était pas dans la haine des étrangers. Trop tard, le mal est fait. Ce dédain du Parti Communiste est aussi une sorte de lapsus révélateur. Hollande est un social-libéral de plus en plus assumé. Mon ennemi est la finance, c'est oublié. Le salut, pour lui, il vient et viendra des entreprises. Le timing est catastrophique : Hollande voulait rassembler la gauche avant les régionales. Là, il crée une blessure. Et il prend le contre-pied de l'histoire de la gauche.

Les années 1970, c'était le Programme Commun et l'Union de la Gauche : la redistribution sociale et, en même temps, une stratégie de conquête du pouvoir. Sans cette alliance, pas de Mitterrand à l’Élysée. Et donc, pas de François Hollande, ce jeune énarque qui a commencé sa carrière comme conseiller à l’Élysée en 1981.

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