C’est l’un des effets inattendus du confinement. Maintenant, on sait à quoi ressemblent les maisons des politiques. Je veux dire, leur intérieur. La couleur des rideaux. Les tableaux aux murs…

Damien Abad, président du groupe LR à l'Assemblée nationale, chez lui lors d'une interview sur CNews
Damien Abad, président du groupe LR à l'Assemblée nationale, chez lui lors d'une interview sur CNews © Capture d'écran : https://www.youtube.com/watch?v=ngVW0ImVR7Q

Comme ils sont coincés chez eux, ils font des visioconférences depuis leur chambre ou leur salle à manger. Comme le patron des députés LR Damien Abad, qui a un joli poster de Bouddha accroché au mur. Mais le lieu qui cartonne par-dessus tout, c’est la bibliothèque. Le patron du PS Olivier Faure répond aux médias devant des étagères bien remplies. Tout comme Nicolas Dupont-Aignan… 

Pourquoi ce choix ?  

Parce que ça fait sérieux. 

Sur tweeter, une sénatrice socialiste, Marie-Pierre de la Gontrie, a d’ailleurs demandé, c’était une plaisanterie, si quelqu’un pouvait lui faire parvenir "un plan virtuel de bibliothèque, débordante de livres savants pour faire intelligente et cultivée".   

A l’inverse, certains élus préfèrent des décors minimalistes. Les murs blancs, sans rien. Sans doute pour être en résonance avec la gravité du moment. A moins que ce soit pour éviter qu’on découvre leurs appartements haussmanniens, avec moulures au plafond ? 

Ce qui est sûr, c’est qu’au début, tous les élus se demandaient comment gérer cette intrusion de la vie publique dans la sphère intime. Du coup, ça tâtonnait. Mais on assiste maintenant au retour de la mise en scène. Regardez, François Bayrou, dimanche, au Grand Jury. Il s’est exprimé avec les Pyrénées derrière lui. Magnifique. Sous-entendu : moi, j’ai des racines locales.   

Mais tout le monde n'est pas logé à la même enseigne

Vous avez deux catégories : ceux qui interviennent depuis leur cuisine et leur salon. Et ceux, une toute petite minorité, qui parlent depuis les palais de la République. En gros, le président et le Premier ministre. Eux, ils restent en majesté. On ne saura donc pas à quoi ressemble l’appartement du chef de l’Etat. 

En tout cas, pour leurs opposants, la bataille de communication est un peu inégale. Ce qui les oblige soit à rajouter des drapeaux dans leur bureau, comme le fait Marine le Pen, pour solenniser un peu son expression. Soit à recréer des espaces tribunitiens, même virtuellement. C’est ce qu’a tenté Mélenchon, il y a quelques jours, avec son meeting numérique. Pas simple. 

Autant dire que dans l’opposition, on compte les jours jusqu’au 11 mai, pour reprendre enfin une vie normale.

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